le blog sambraun par : Samhttp://www.sambraun.com/2005-11-28T13:04:36Zover-blog.com Atom 1.0 Generatorhttp://accel6.fdata.over-blog.com/99/00/00/01/img/avatar.pngLutte contre la barbarie, le racisme et l'antisémitisme.
Travail de Mémoirehttp://www.sambraun.com/article-19284956.htmlDiscours prononcé à la Mairie du 16ème de Paris le 25 avril 2008 pour la commémoration de la déportation2008-05-04T17:45:05Z2008-05-04T17:37:00ZSam Braunhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-266140.html
Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs,
- Alors que les rangs des anciens déportés sont de plus en plus clairsemés,
- Alors que de-ci, de-là se font entendre les voix des négationnistes et autres truqueurs de l’histoire, maquilleurs de
la réalité,
- Alors que nous sommes de plus en plus confrontés à la violence élémentaire, à la violence pour la violence et sans
aucune autre finalité,
se pose la question de savoir si nous, anciens déportés, nous n’avons pas failli à notre devoir, ce devoir dont nous
étions investis après les épreuves que nous avions subies.
Un jour, peut-être, nos enfants nous demanderont des comptes et, par delà même nos tombeaux, nous poseront la question
essentielle : « Vous avez vécu cela, vous avez souffert l’enfer, chaque minute, dans cet indicible univers concentrationnaire, vous avez côtoyé la mort au point même de la tutoyer, vous avez
vu des centaines, voire des milliers de gens, souffrir et mourir, non pour ce qu’ils avaient fait, mais pour ce qu’ils étaient, mourir parce qu’ils avaient commis le simple péché de vivre, le
simple péché d’exister. Vous aviez dit « plus jamais cela », alors qu’avez-vous fait pour ouvrir les yeux toujours désespérément clos des hommes ? Qu’avez-vous fait pour améliorer
l’humanité et pour que l’amour entre les êtres soit un petit peu plus grand ? Qu’avez-vous fait pour le respect que chacun doit porter à l’autre quelque soit sa religion, sa culture ou le
lieu de son origine ? Qu’avez-vous fait pour que nous puissions vivre, vivre enfin libres ? » Voilà, Mesdames et Messieurs, la question teintée de reproches qu’ils nous poseront, même
lorsque nous ne serons plus là si nous n’avons pas œuvré de toutes nos forces pour apprendre aux hommes le « vivre ensemble », ce simple « vivre ensemble » dont la notion même
est étrangère à certains ?
Ayant souffert de racisme ou d’antisémitisme, c’est l’acceptation de la différence de l’autre qu’il nous fallait
transmettre.
Ayant vu la violence se déchaîner contre nous, nous aurions du être les apôtres du pacifisme, non pas d’un pacifisme
aveugle, mais d’un pacifisme clairvoyant qui regarde en face pour mieux les décimer, tous les dangers qui apparaissent à l’horizon de l’histoire,
Ayant été des sous-hommes, des üntermunschen, dans le regard de nos bourreaux il nous fallait apprendre aux hommes le
respect que l’on doit à chacun, serait-il notre pire ennemi,
Ayant souffert d’enfermement c’est sans cesse, de la liberté que nous aurions du parler pour qu’elle devienne
incontournable,
Ayant été méprisés et haïs par nos tortionnaires il fallait chasser cette haine, insidieuse et perverse qui peut se
glisser en nous comme le fiel le plus amer. Ne pas être habité par la haine c’est rester tout simplement des hommes, c’est ne pas abandonner notre place dans la communauté humaine, c’est n’avoir
aucun sentiment de vengeance, même envers nos bourreaux, mais c’est aussi réclamer une sentence sans faiblesse pour ceux qui ont commis le mal.
La vie concentrationnaire nous a appris aussi ce qu’aurait du être la solidarité que chaque individu devrait avoir à
l’égard de l’autre. Franz Fanon, professeur en Afrique noire, disait à ses élèves africains : « Quand on dit du mal des Juifs, dressez l’oreille, mes enfants, on parle de
vous ».
Cette solidarité humaine, indispensable à l’Art de vivre ensemble, ayant tant souffert de son absence, nous devons la
transmettre aux autres, avec cette notion fondatrice « qu’on est toujours responsable de ce qu’on n’a pas empêché ».
Nous avons aussi appris dans tous les camps d‘extermination, ce que vous me permettrez de nommer une vertu. Nous avons
appris l’espérance et l’amour de la vie, l’espérance qui nous a permis de survivre au cauchemar, l’espérance d’être vivant, encore, une heure de plus, l’espérance de voir le lendemain le
soleil se lever, l’espérance de vivre le jour où les armées alliées, apportant avec elles notre libération, arriveront à vaincre la barbarie nazie.
Les nazis voulaient diriger le monde, ils croyaient nous supprimer en nous prenant la vie, ils pensaient éliminer
définitivement tous ceux qui ne répondaient pas à leurs critères et bien, malgré les millions de crimes dont ils sont responsables, avec nous, ils ont échoué.
Ils avaient pour notre vie le plus profond mépris et la certitude qu’ils pourraient toujours en disposer selon leur
désir, et bien, ils ont perdu comme perdent irrémédiablement, toujours, tous les bourreaux.
Avec notre espérance et notre amour de la vie, notre enthousiasme, notre émotion devant les rires ou les pleurs des
enfants, notre refus de la souffrance de l’autre, notre engagement contre les injustices faites aux êtres humains, notre combat contre toutes les formes de violence et d’intolérance, nous, les
anciens déportés des bagnes nazis, par notre présence même, nous devons utiliser pour le bien de l’humanité, tout ce que nous avons appris sur les hommes, et surtout montrer que la vie est le
plus beau des cadeaux, qu’elle est, sera et restera toujours plus forte que la mort.
Je vous remercie
Paris le 25 avril 2008
http://www.sambraun.com/article-17937476.htmlEnseigner la Shoah.2008-03-23T11:20:25Z2008-03-21T10:30:00ZSam Braunhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-266140.html
Enseigner la Shoah ou comment transformer une mauvaise idée en bonne pratique…
Beaucoup d’arguments
ont été avancés rapidement pour s’opposer à l’injonction hâtive du président Sarkozy dans son discours au CRIF du 13 février 2008. La volonté que « chaque élève de CM2 se voie confier la
mémoire d’un enfant victime de la Shoah », présentée comme une décision évidente et urgente, a fait réagir bon nombre de rescapés, d’historiens, d’enseignants et de parents…
Si l’on excepte ses inspirateurs ou quelques courtisans acharnés, plus personne ne considère cette idée comme « bonne ». Parce
qu’elle suggérait une identification individuelle précoce à une destinée tragique, parce qu’elle prétendait charger d’un deuil mortifère la mémoire d’un enfant, parce qu’elle encourageait
éventuellement d’autres revendications mémorielles, parce qu’elle réduisait l’histoire de la Shoah à une victimisation peu propice à l’étude ou à la compréhension, parce qu’elle confondait devoir
de mémoire et réflexion, cette mesure incongrue et impérieuse fut largement rejetée.
« Il est nécessaire d’enseigner la Shoah aux élèves de CM2 » affirme le ministre de l’Education pour défendre
l’ « intuition » présidentielle. Cette pétition de principe est elle aussi fort discutable ! Qu’il soit nécessaire d’enseigner la Shoah, tout le monde en conviendra.
Mais est-il si nécessaire d’enseigner l’extermination des juifs à des enfants de 10 ans ?
On peut au moins se poser la question. On peut aussi s’interroger sur la nécessité d’enseigner, en CM2, les détails d’une horreur insoutenable
que les adultes ont parfois du mal à supporter.
L’on mit donc en place
une commission dirigée par Mme Waysbord-Loing baptisée « Mission pédagogique au sujet de l’enseignement de la Shoah dans le primaire », comme si l’enseignement de la Shoah posait un
problème urgent en février 2008 dans les écoles primaires ! Comme si ce problème concernait exclusivement les enfants de 10 ans ! On oublia d’intégrer à cette commission des enseignants
en fonction, les premiers concernés par ce travail, mais peu importait : tout le monde l’avait compris, il s’agissait de faire oublier la proposition du CRIF et de la remplacer par des
mesures réfléchies et pesées, cette fois. Quand la décision précède la réflexion, il faut parfois faire machine arrière.
Et le ministre
de l’Education affirma que « la bonne idée du président devait se transformer en bonne pratique »…
L’idée de confier la
mémoire d’un enfant juif exterminé à un enfant de 10 ans ou même à une classe, comme il fut dit après, nous semble une très mauvaise initiative. Bien sûr, après le tumulte médiatique viennent
rapidement le silence et l’oubli. Mais, une fois les projecteurs journalistiques éteints, le sujet et les problèmes demeurent. C’est pour cette raison que nous intervenons
aujourd’hui.
L’idée de contribuer à la réflexion pédagogique sur la Shoah, enseignement qui a fait l’objet d’un travail très important ces dernières années
et qui mobilise l’énergie de nombreux professeurs, est intéressante. L’initiative dans ce domaine doit éviter l’improvisation et les polémiques que suscite toute décision contestable et brutale.
Elle ne doit pas se limiter au cadre du primaire, comme le laisserait penser la création de la commission Waysbord-Loing.
Les mesures annoncées doivent être applicables et concrètes d’une part, elles doivent concerner tous les niveaux de
l’enseignement d’autre part. Pour ces raisons nous proposons dix mesures précises qui peuvent, selon nous, favoriser l’enseignement de la Shoah et
contribuer à un débat que nous souhaitons large, car l’enjeu est essentiel :
1) LES JUSTES EN CM2
L’idée de
confier la mémoire d’un enfant victime de la Shoah à un enfant de 10 ans ou à une classe de CM2 nous semblant mortifère et inadaptée à cet âge, nous proposons d’inverser l’approche. Nous
proposons d’étudier les parcours des enfants cachés, des survivants et des Justes. Ce qui permettrait d’évoquer plus discrètement l’extermination tout en sensibilisant les enfants aux principes
qui ont guidé les sauveurs. Une recherche collective pourrait être suggérée, en fonction de la région de l’établissement, sur le profil d’un Juste ou le village de Chambon-sur-Lignon et son
organisation.
2) LES CRIMES CONTRE
L’HUMANITE
Les programmes
de CM2 suggèrent actuellement l’étude de la Shoah en ces termes : « L’extermination des juifs par les nazis : un crime contre l’humanité ». Bien que cette ultime notion nous
paraisse elle aussi inadaptée pour un public d’enfants de CM2, bien que le fait de lier la notion de « crime contre l’humanité » à la seule Shoah soit discutable et potentiellement
porteur de conflits ou de revendications « mémorielles », nous pensons que l’intention initiale était généreuse. Si la notion de « crime contre l’humanité » devait être
conservée en CM2, il faudrait sans doute en profiter pour évoquer d’autres « crimes contre l’humanité » et parler par exemple de l’esclavage des Noirs.
3) LA SHOAH ET L’IUFM
Il faut
insister sur la formation des enseignants qui ne sont pas tous des historiens et des spécialistes de cette période. L’évolution des recherches historiques dans ce domaine est très rapide et les
publications sont, chaque année, très riches et très diverses. Un effort particulier doit être fait par l’Education Nationale pour cette question délicate. Nous demandons qu’un séminaire soit
organisé, chaque année, à partir de 2008, dans tous les IUFM, sur la Shoah et son enseignement. D’autre part, un dossier devrait être fourni à chaque enseignant comportant des textes utilisables
en classe et des pistes pédagogiques solides. Pour le niveau CM2 par exemple, des textes sur les Justes seraient présentés, sur le parcours d’un enfant caché et un exposé historique précis sur le
sujet serait fourni aux enseignants.
4) COMMEMORATIONS
Les journées
consacrées aux commémorations devraient, selon nous, faire l’objet d’une attention particulière. Nous pensons en particulier au 27 janvier (commémoration de la libération d’Auschwitz), au dernier
dimanche d’avril (journée du souvenir de la déportation) mais aussi au 10 mai (commémoration de l’esclavage). Curieusement cette année, en 2008, aucun discours officiel au plus haut degré de
l’Etat n’a évoqué la libération d’Auschwitz le 27 janvier. Nous le regrettons. Car le devoir de mémoire concerne la mémoire collective officielle et les enfants de 10 ans ne sont pas là pour
compenser les oublis politiques ou prendre en charge la mémoire collective… Chaque date retenue ferait l’objet d’une explication en classe et l’Education Nationale pourrait préparer là aussi un
dossier (disponible sur Internet par exemple) pour chacun de ces évènements.
5) EDUCATION CIVIQUE ET CRIME CONTRE
L’HUMANITE
La pédagogie de
la Shoah ne concerne ni exclusivement, ni prioritairement les élèves de CM2.. C’est en effet en collège, au niveau de la 3°, que la Seconde Guerre Mondiale est abordée pour la première fois dans
le cadre d’un cours d’histoire. Nous proposons que la notion de « crime contre l’humanité » soit introduite dans les programmes d’Éducation Civique de 3° et qu’elle fasse l’objet d’une
étude précise. À cette occasion la notion de génocide pourrait être expliquée et, sans exclure l’évocation d’autres génocides et d’autres « crimes contre l’humanité », les enseignants
pourraient mettre en évidence le caractère « unique » de la Shoah.
6) LA MEMOIRE DES ENFANTS
DISPARUS
Préparé en
amont par le travail historique, prolongé en aval par une réflexion sur le « crime contre l’humanité », le travail sur les victimes (envisagé actuellement en CM2) pourrait alors être
dégagé d’une approche purement émotionnelle. Il serait envisageable, dans ce cadre, de proposer un travail de recherche et la constitution d’un dossier sur une victime de la Shoah. Là aussi, les
enseignants d’histoire en particulier pourraient proposer cette recherche dans le cadre du cours d’Education Civique. La démarche semble plus adaptée à un adolescent ayant reçu des informations
et des connaissances historiques précises sur la Shoah qu’à un enfant de CM2 dont on solliciterait l’identification et la sensibilité.
7) TEMOIGNAGES SUR LA
SHOAH
L’approche de
la Shoah n’étant pas exclusivement réservée au cours d’histoire, nous suggérons que deux textes de témoignage concernant les camps soient intégrés dans le cadre du cours de français. Le programme
de français en 3° impose l’étude du genre autobiographique. L’étude de ces témoignages pourrait s’intégrer à ce programme et proposer une approche complémentaire, le témoignage pouvant être
considéré comme une variété du récit autobiographique. Là encore, une formation dispensée à l’IUFM, concernant le genre du témoignage et les exemples disponibles actuellement, serait la
bienvenue.
8) CONCOURS
Chaque année un
concours est organisé pour les établissements de secondaire : « Le concours national de la résistance et de la déportation ». Il donne l’occasion à des élèves de travailler sur un
aspect précis de la question. Nous souhaiterions que la publicité accordée à ce concours soit plus large et que les lauréats soient gratifiés de récompenses motivantes. De plus, un soutien
financier pour un apport bibliographique et filmographique conséquent devrait être fourni à tous les établissements qui présentent des élèves et les préparent à ce
concours.
9) LA SHOAH AU PROGRAMME DU BAC EN
HISTOIRE
L’enseignement
au lycée est évidemment concerné par l’étude de la Shoah. Celle-ci est désormais réservée au cours d’histoire de 1ère. La période est souvent étudiée en fin d’année, moment moins
favorable à une étude très approfondie pour diverses raisons. Si la Seconde Guerre Mondiale était réintégrée en classe de Terminale, l’étude de cette période serait plus motivante et pourrait
être complétée par une approche différente et complémentaire en cours de philosophie.
10) LES PROCESSUS GENOCIDAIRES ET LA PHILOSOPHIE
Les concepts
actuels du programme de philosophie permettent aux professeurs d’évoquer la Shoah quand ils parlent de la mémoire ou du mal. Une étude plus précise sur « les processus génocidaires »
serait sans doute intéressante en classe de philosophie. Dans cette hypothèse, on pourrait imaginer l ‘étude de concepts philosophiques et politiques parmi lesquels les notions de génocide, de crime contre l’humanité, de « banalité du mal », de racisme, d’antisémitisme trouveraient toute leur place
et complèteraient utilement le cours d’histoire. Cette approche permettrait d’éviter la « concurrence » victimaire ou la concurrence des mémoires en proposant divers exemples et en
dégageant la spécificité de chacun.
Sam Braun, rescapé d’Auschwitz, auteur de « Personne ne m’aurait
cru, alors je me suis tu » (Albin Michel, 2008) et Stéphane Guinoiseau, professeur agrégé de Lettres Modernes.
http://www.sambraun.com/article-16268217.html"Personne ne m'aurait cru, alors je me suis tu" (Albin Michel)2008-02-03T15:30:15Z2008-02-03T15:18:00ZSam Braunhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-266140.html
« Personne ne m’aurait cru, alors je me suis tu » (Albin Michel) tel est le titre du livre que je viens d’écrire avec mon ami Stéphane
Guinoiseau.
Longtemps je me suis demandé si je devais coucher sur le papier l’expérience acquise au camp de Buna-Monowitz (Auschwitz III) lorsque j’avais seize ans. Longtemps
même le mauvais démon que j’avais en moi, comme tout être humain a le sien, me disait que, somme toute, je n’avais pas grand-chose à dire et en tout cas pas suffisamment pour avoir la prétention
d’écrire un livre. Et ce mauvais démon a gagné durant de longues décennies.
Longtemps aussi je me suis demandé si ce que m’avait appris la vie depuis mon retour des camps, c’est à dire depuis que je suis revenu dans une vie civilisée, ou
plutôt moins barbare, méritait d’être transmis. Bien souvent m’effleurait la pensée qu’il ne fallait pas étaler au grand jour les réflexions que m’avait inspirées, depuis plus de quatre-vingts
ans, la confrontation sociale avec les êtres humains. Tout cela ne m’apparaissait pas comme nécessaire à écrire et surtout ne m’apparaissait pas comme suffisant pour alimenter le contenu d’un
livre. J’avais, d’une certaine manière, peur du mot écrit dont la nature même l’expose à une pérennité que n’a pas le verbe lorsqu’il est prononcé.
Je continuais pourtant à apporter avec passion mon témoignage auprès des adolescents. Je pouvais, sans trop de difficulté, utiliser l’oralité pour communiquer aux
jeunes ma foi en la vie. Mais coucher mon message par écrit sur une feuille blanche qui, d’anonyme qu’elle était, devient indiscrète puisqu’elle s’insinue dans les pensées les plus intimes de
celui qui l’écrit, me semblait hors de mes possibilités et surtout hors de mes forces.
C’est alors qu’est arrivé Stéphane Guinoiseau, professeur de lettres modernes, rencontré dans un collège où j’intervenais auprès d’enfants de troisième. Il a su,
avec délicatesse, éveiller en moi une partie de ma vie que je voulais taire tout en respectant certains de mes silences. Grâce à lui, notre livre a pu voir le jour, ensemble de dialogues entre le
professeur et moi. Nous y évoquons bien sûr, et comment ne pas le faire, la quotidienneté concentrationnaire, mais nous abordons surtout les grandes questions existentielles que se pose tout être
humain. Avec lui, tout professeur qu’il soit, je me retrouvais dans les classes de Terminale où j’avais l’impression d’évoquer, devant des grands adolescents, les questions philosophiques
essentielles, éternelles clés du « vivre ensemble ». Et c’est sans aucune fausse pudeur que, stimulé par sa grande culture, j’ai pu, avec lui, faire de ce livre un réel
« travail de mémoire » puisque celui-ci, se nourrissant du passé, c'est-à-dire du « devoir de mémoire », se projette dans
l’avenir.
Mon état de santé ne me permettant plus de me rendre, dans les établissements scolaires, au devant des adolescents, comme je le faisais dans le passé, j’espère que
la lecture de ce livre leur montrera aussi qu’il ne faut jamais perdre espoir et que, même dans les situations les plus désespérées, il faut être habité par l’espérance et par une foi
indestructible en la vie qui restera toujours le plus beau des cadeaux.
http://www.sambraun.com/article-5922043.htmlNe banalisons pas le Mal2007-08-24T13:04:20Z2007-03-07T15:41:51ZSam Braunhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-266140.html « Vous, apprenez à voir, au lieu de regarder seulement.
Agissez, au lieu de bavarder.
Voilà ce qui jadis a failli dominer le monde.
Les peuples ont fini par en avoir raison,
Mais il ne faut pas chanter victoire hors saison.
Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde »
Ces six vers écrits par Brecht à la fin de sa pièce de théâtre, « La résistible ascension d’Arturo Ui » donnent raison au poète, puisque la terre, au cours du dernier millénaire, n’a pas connu une seule année de paix !! Elle a été déchirée par plusieurs milliers de conflits de toutes natures : allant des invasions et conquêtes, aux guerres de libération, aux révoltes et aux révolutions. Et la liste de toutes ces violences, malheureusement loin d’être close, s’allonge tous les jours puisqu’il faut y ajouter aussi les actes de barbarie inqualifiables que génèrent le racisme et l’antisémitisme ainsi que les agressions quotidiennes dont sont victimes les membres de certaines communautés Violences aveugles au cours desquelles, vieillards, hommes, femmes et enfants, sont massacrés.
Des massacres d’enfants !! Y a t il crime plus grand que le meurtre des enfants, ces petits d’homme dont le sourire est la seule arme ?
De quelle maladie souffrent les hommes pour qu’ils soient toujours aussi violents, aussi insensibles à la douleur de l’Autre, au point qu’il me semble être d’un autre temps lorsque je dénonce l’indifférence ? Cette indifférence qui, pour plagier Ernest Renan, « me donne la notion de l’infini ». Elle me fait mesurer l’immense travail que doivent encore faire tous ceux qui se réclament de l’humanisme et ceux qui, ayant souffert de la barbarie, ont comme mission de témoigner. Témoigner sans cesse, non pour rester éternellement dans le passé, mais pour transformer la mémoire en un projet d’avenir afin que nos enfants, vivent demain des jours plus heureux qu’aujourd’hui !
Similaires bien que différentes, les voix des rescapés font écho aux voix des disparus, les « témoins intégraux », comme disait Primo Lévi, les « vrais témoins », morts dans les plus horribles conditions. Les voix des rescapés sont les « témoins des témoins » disait-il encore, et « énoncent un discours fait pour le compte des tiers. Elles cherchent à traduire pour les vivants le langage des exterminés laissés là-bas, et celui des survivants qu’ils sont devenus, avec, en eux, ce quelque chose de mort, qui parle en permanence ».
Ne banalisons pas les morts injustes qui, tous les soirs, dans le journal télévisé de 20h, nous montrent que partout dans le monde, se déchaînent la violence et la haine aveugle. .
Ecoutons les plaintes des millions de morts de la traite des noirs, des centaines de milliers d’Arméniens massacrés au début du siècle dernier.
Ecoutons les gémissements des six millions de victimes de la Shoah laissés sans linceul, là-bas, en Europe de l’Est et dans les fours crématoires des camps de la mort dont Auschwitz est et restera le symbole.
Ecoutons ces huit cent mille Tziganes, nos frères en humanité, assassinés sur l’autel de leur liberté.
Ecoutons tous les Cambodgiens martyrisés sous le régime de Pol Pot et le million de Rwandais massacrés à coups de machette en moins de trois mois.
Réveillons l’indifférence des hommes et des nations devant le drame du Darfour, prélude à un nouveau génocide.
Ecoutons toutes ces morts violentes qui ne trouveront leur éternel repos que lorsque les témoins des assassinats apporteront leur pierre à l’édifice de la Mémoire.
La haine, mère de la violence, peut conduire certains hommes à commettre des actes d’une barbarie inqualifiable, alors que les autres, l’immense majorité des autres, dans le même temps, restent indifférents.
Indifférence cruelle qui fait saigner les plaies et se rouvrir les cicatrices.
Sachons déceler derrière certains sourires résignés, la douleur, la détresse, la dignité bafouée.
Ecoutons ensemble les cris étouffés des déshérités de la vie, leurs plaintes, leur souffrance.
Ecoutons tous ceux qui ont eu la malchance de naître dans certaines régions du monde, écoutons ceux qui, à la minute même où vous lisez ces lignes sont toujours les esclaves de certains hommes. Ecoutons ces petits enfants qui, dans certaines régions du monde, pour simplement subsister et ne pas mourir de faim, mendient leur nourriture, ou la trouvent sur des tas d’ordures, sur des tas d’immondices.
Je sais que l’homme est le premier prédateur de l’homme, mais ne banalisons pas le martyr de toutes ses victimes. Ne nous cachons pas derrière la fausse certitude que nous n’y pouvons rien et que, quoi que nous fassions, nous ne modifierons jamais le cours de l’histoire que d’aucuns pensent inéluctable. Etre habité par ce pessimisme, serait abandonner la lutte avant même de
la commencer. Ce
serait baisser les bras, au lieu de les ouvrir largement pour aider ceux qui souffrent.
« Le danger de la banalisation – a écrit Tzvetan Todorov, Directeur de recherche au CNRS - consiste aussi à plaquer le passé sur le présent, à assimiler purement et simplement l’un à l’autre, ce qui a pour effet de méconnaître les deux ».
Gardons la capacité de nous émouvoir afin de pouvoir, en permanence, mener le combat pour la survie de l’homme. Car c’est bien à la mort de l’humanité que pourraient, un jour, nous convier certains hommes, puisque les méthodes qu’ils utilisent, de plus en plus sophistiquées, sont de plus en plus meurtrières.
Refusons aussi de résoudre ces crimes à un simple problème de chiffres comme le font volontiers les leaders des partis politiques extrémistes. Je trouve abominable d’oser ce genre de bilan !! Une seule mort injuste est déjà inadmissible puisque la vie est le plus merveilleux des cadeaux et que la plus belle vertu de l’homme est de respecter celle des autres !
« Cent morts c’est une catastrophe, un million de morts, c’est une statistique », disait le sinistre Eichmann. Refusons de toutes nos forces cette logique mortifère car le massacre d’un million d’êtres humains, non pour ce qu’ils ont fait, mais pour ce qu’ils sont, dépasse effectivement la raison.
Soyons toujours attentifs, ne relâchons pas notre vigilance, ne flânons pas sur le chemin de la lutte puisque le mal, loin d’être endormi, sévit partout dans le monde.
Avec Véronique Alemany-Dessaint je dirai que lorsque « les hommes s’en prennent à l’Homme pour des raisons de religion ou de soi-disant race, laisser le moindre temps au temps, engage une lourde responsabilité face aux vivants et fait preuve de mépris pour ceux qui ont combattu contre cette situation indigne de l’Humanité ».
Réveillons-nous. Mobilisons autour de nous toutes les forces de vigilance et prenant notre bâton de pèlerin agissons, sans angélisme, pour la sauvegarde de la dignité des hommes.
Mais pressons-nous, il nous reste peu de temps.
7 mars 2007
http://www.sambraun.com/article-4672611.htmlTemps, Vieillesse et Sagesse?2007-08-24T13:04:19Z2006-11-25T12:23:01ZSam Braunhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-266140.htmlToute ma vie le Temps a exercé sur moi une espèce de fascination. Je dois réfléchir pour préciser mon âge ou celui de ceux que j’aime ; je dois aussi faire un effort pour situer une date ou un évènement dans l’histoire.
Le temps est tellement abstrait qu’il m’est difficile de l’intégrer. Et malgré son abstraction, il a objectivement fuit avec une telle vitesse que je ne me suis aperçu de rien. Ma vie a traversé le Temps comme un éclair troue les nuages et je me trouve maintenant à l’aube de mon existence sans m’être rendu beaucoup compte de l’irréversibilité des jours.
Oui, le Temps ne cesse de me fasciner.
Le temps contre lequel nous nous battons ayant souvent l’impression de n’avoir jamais assez de temps pour terminer ce que nous entreprenons.
Le Temps, notre grand ennemi.
Le Temps inexorable qui laisse son empreinte sur nos capacités physiques, nous montrant à tout instant sa supériorité en griffant notre corps de sa marque irréversible si mal vécue dans une civilisation comme la nôtre qui voue à la jeunesse un véritable culte.
Le Temps après lequel nous courons et qui fuit devant nous dans une course inexorable, incompréhensible, insaisissable.
Le temps pour lequel nous nous battons, puisque nous construisons rarement dans l’éphémère, nos réalisations devant, selon nous, perdurer et défier le Temps. L’angoisse de la mort, le vertige que donne la finitude, nous entraînent à créer une œuvre, artistique ou matérielle, qui va nous survivre en prolongeant notre vie au-delà de la mort. Comme si, à travers nos réalisations nous bâtissions notre éternité ! Il en va peut-être ainsi de la création artistique dont les œuvres sont appelées non seulement à se jouer du Temps, mais à le narguer en s’en faisant complice. « Il est permis de définir l’artiste comme celui qui, tel le croyant, met son espoir dans un avenir bien au-delà de la vie » (Jean d’Ormesson dans « C’était bien »).
Une de mes amies, artiste sculpteur m’a dit un jour, qu’elle créait pour vaincre son angoisse de la mort, et que seul son besoin d’éternité animait ses bras lorsqu’ils maniaient le maillet et le ciseau.
Nous possédons tous un potentiel de création.
Tous les êtres humains sont au fond des artistes - le simple fait de vivre est un art en soi - mais le talent, ce qui permet à une création de devenir une œuvre et de s’inscrire dans le temps, est donné à ceux qui, refusant leur propre mort, se projettent dans l’éternité. Ils créent pour conjurer leur finitude, presque pour la nier.
Les artistes ont peut-être, plus que les autres, conscience de ce néant, de ce « plus rien », de ce vide post-mortem. Celui qui, comme disait Michel Ange, « est capable d’aller chercher et de faire surgir du fond d’un bloc de marbre la sculpture qui y est cachée », a probablement, plus ou moins consciemment, un vécu de sa fatale disparition, plus grand et surtout plus angoissant que les autres. Il vit d’ailleurs en permanence sa propre mort puisque celle-ci s’inscrit dans sa création.
Comment définir le Temps, ce Temps si mystérieux puisqu’il est un concept sur lequel ont planché de nombreux philosophes ?
Est-il le « temps objectif » que le tic-tac de l’horloge décompte en enlevant à notre vie, minute après minute ?
Existait-il avant que le hasard de la création donne naissance au fameux Big-Bang générateur de notre univers ?
Que deviendra-t-il lorsque, dans quelques milliards d’années, le soleil se refroidissant, supprimera toute vie sur la terre ?
Le temps s’arrêtera-t-il avec la vie de notre planète comme s’il n’existait que parce que l’homme existe ?
Est-il l’inexorable usure, l’arrivée incontournable de la vieillesse ? Est-il ce « temps physiologique » qui voit la trace de ses griffures puis la déchéance physique et souvent psychologique s’installer peu à peu ?
Ou le Temps n’est-il pas plutôt mesurable par la perception individuelle de chacun ? Ce « temps subjectif », éminemment variable chez chaque individu, et pour un même sujet différent d’un instant à un autre, répond alors à une espèce d’horloge psychologique qui se dérèglerait à tous moments. Certaines minutes sont des éternités, et d’autres sont si courtes que leur brièveté laisse un goût d’amertume et d’insatisfaction.
Le Temps que nous ne pouvons ni fixer, ni saisir pour s’en emparer et le manier à notre guise.
Le Temps dans lequel le présent, invention des poètes, n’existe pas car parler du présent c’est déjà le conjuguer au passé !
Le temps est un mystère insondable.
La relation avec le Temps, ou du moins la perception psychologique que je peux en avoir, l’âge aidant, me fascine littéralement.
Maintenant, m’acheminant vers la conclusion de ma vie, je ressens que le Temps ne compte plus depuis qu’il m’est compté ! Pardon pour ce mauvais trait venu spontanément sous mes doigts qui effleurent le clavier, mais je ne veux pas le corriger puisqu’il représente à mes yeux, une vérité, ou du moins ma vérité. N’étant pas un créateur talentueux, ma vieillesse n’a que faire des lendemains inconnus et puisque je n’entreprends rien dans une finalité pérenne, j’ai la sensation que demain ne sera pas ou qu’il ne compte pas pour moi. Ce sentiment loin d’être désagréable n’a rien d’angoissant puisque j’aime la vie au point de penser qu’elle est et restera le plus beau des cadeaux.
La mort fait partie de la vie puisque la naissance et la mort la délimitent en la définissant. Les gens âgés ont-ils alors « dompté » le temps au point de s’en être rendus maîtres puisque pour eux le temps ne compte plus ?
Ceci est un de mes grands questionnements.
Certes, certaines personnes, plus elles approchent de l’inéluctable échéance plus leur angoisse grandit. Elles deviennent alors fréquemment acariâtres, parfois agressives et difficiles à vivre, mais j’ai reconnu dans le regard des gens âgés plutôt la sérénité et la joie de vivre que la peur de mourir quelle que soit leur conviction religieuse.
N’ont-ils pas alors réussi à maîtriser le Temps ?
Et la sagesse n’est-elle pas tout simplement ce nouveau rapport au Temps ?
25 novembre 2006
http://www.sambraun.com/article-3835476.htmlL' Espérance2007-08-24T13:04:19Z2006-09-14T12:54:17ZSam Braunhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-266140.html
Il y a quelques jours j’ai lu sur la quatrième de couverture de l’excellent livre de Laurent Gaudé « L’Eldorado », une phrase fort belle et dont le sens va bien au-delà de ses simples mots : « Il n’y a pas de frontière que l’Espérance ne puisse franchir ».
Si l’on s’en tient au contexte de ce livre, si l’on ne recherche pas ce qui se cache derrière les mots, il s’agit de frontières réelles que veulent franchir par tous les moyens des hommes animés par la volonté de vivre. Ils sont courageux, volontaires, obstinés même et ne trouvant pas les moyens de subsister dans leur pays où une grande pauvreté sévit, pensent les trouver de l’autre côté de la frontière, dans ce qu’ils croient être un nouvel « Eldorado ». Ces hommes, que d’aucuns nomment « clandestins », poussés hors de chez eux par la misère se lancent dans cette aventure malgré l’énormité des risques parce qu’ils pensent trouver la survie plus loin, toujours plus loin. Ils bravent tous les dangers, beaucoup périssent en mer et ceux qui n’ont pas eu ce destin et qui échouent, sans se lasser, parce qu’ils n’ont pas d’autres solutions, retenteront plus tard. Ils sont volés, violentés, dépouillés par des hommes sans scrupule qui devaient « les faire passer de l’autre côté », mais malgré cela, ils recommenceront à la première occasion, sitôt qu’ils auront réuni l’argent nécessaire exigée par ces nouveaux négriers. L’espérance de trouver enfin du travail pour simplement subsister et faire vivre leur famille est leur moteur commun. Cette fuite devant le dénouement le plus extrême devient leur seule raison de vivre.
Laurent Gaudé, utilise comme symbole ces « clandestins pour survivre », afin de montrer que grâce à l’espérance l’improbable devient possible. Il n’y a pas de barrières que l’espérance ne puisse franchir, espérance qui repousse toujours plus loin les limites de l’impossible. Les hommes stimulés par l’espérance peuvent réaliser leurs rêves. Ils peuvent réussir leur vie même si l’humanité est de plus en plus impersonnelle et froide et que les inégalités entre les hommes ne cessent de grandir.
Comment vivre sans espérance ? Comment envisager l’avenir du monde si on ne le rêve pas meilleur, plus humain et plus fraternel ? Comment traverser sa vie si on marche à côté d’elle plutôt que dans le sillon qu’elle creuse tous les jours, même si celui-ci est parsemé d’ornières ? Comment montrer du désintérêt à ce qui se passe chez l’autre, puisque l’indifférence est la négation même de la société humaine et que l’on est toujours l’autre de quelqu’un ?
L’espérance, parfois taxée de folle espérance, évoque en moi deux réflexions.
Tout d’abord celle très personnelle de ce que fut ma survie à la barbarie d’Auschwitz. Là-bas l’Espérance, sauf le dernier jour, ne m’a jamais quitté. En dehors de toute logique, dans cet enfer où régnait en maître la plus sauvage des violences, où la Mort nous épiait sans cesse pour accomplir son oeuvre, j’avais la certitude que je serais épargné et libéré un jour. Comme je l’ai déjà écrit par ailleurs, cette folle espérance, car il fallait être fou pour avoir de l’espérance là-bas, créait, dans mon imaginaire des lendemains toujours meilleurs. J’étais convaincu de me réveiller un beau matin libre comme je l’étais avant, libre de me mouvoir à ma guise, libre de manger à ma faim, libre de penser ma vie autrement qu’entourée de clôtures électrifiées. Cette espérance qui, comme a dit un philosophe, parce qu’elle est du féminin par rapport à l’espoir est capable, comme une femme qui donne la vie, de créer une minute de plus, une heure de plus, une journée de plus qui, se surajoutant à toutes les autres finissent par faire des mois, puis des années. L’espérance, lorsqu’elle est vécue avec tant d’intensité, est alors génératrice de vie.
Quant à ma deuxième réflexion je la trouve dans la mythologie, dans le « Mythe de Pandore ». Dans la jarre offerte par Zeus à Pandore lors de son mariage avec Epiméthée, frère de Prométhée, il y avait tous les maux qui s’abattraient sur l’humanité si un jour ils étaient libérés. Pandore avait ordre de ne pas ouvrir cette jarre, mais, poussée par une insatiable curiosité elle ne résista pas à la tentation et passant outre l’interdiction l’ouvrit pour découvrir ce qu’elle contenait. Alors elle libéra, comme les mauvais génies enfermés dans des jarres, la vieillesse, les vices, les maladies et tous les malheurs s’abattirent sur l’humanité. Effrayée elle referma brusquement la jarre et y tint prisonnière l’Espérance que Zeus avait mise tout au fond.
Ainsi l’Espérance n’habitèrent pas les Hommes comme le firent les fléaux, les vices et les maladies mais enfermée dans la jarre elle devint une vertu que seuls ceux qui font l’effort pour la rechercher arrivent à trouver.
L’Espérance permet aux hommes de progresser, de vaincre l’adversité lorsque celle-ci leur est défavorable, d’abattre les frontières de ce qui peut leur sembler insurmontable, elle leur permet même de réaliser l’impossible. Restée au fond de la jarre refermée brusquement par Pandore elle n’est possédée que par ceux qui la recherchent inlassablement et qui, une fois qu’ils l’ont trouvée la libèrent avec mille précautions afin de s’en vêtir comme d’un manteau protecteur.
Oui Laurent Gaudé a raison, il n’y a pas de frontière que l’Espérance ne puisse franchir puisqu’elle repousse les frontières de l’impossible.
14 septembre 2006
http://www.sambraun.com/article-3337216.htmlEt si Pierre de Coubertin revenait parmi nous !!2007-08-24T13:04:19Z2006-07-21T09:35:04ZSam Braunhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-266140.htmlEt bien voilà que s’éteignent enfin les lampions de ce que d’aucuns ont appelé, doux euphémisme, la « fête » du foot-ball !
S’agissait-il vraiment d’une fête lorsque les reportages télévisuels, dont l’exclusivité fut très chèrement achetée par certaines chaînes de télévision, nous montraient le nombre impressionnant de policiers mobilisés pour cet évènement. Vêtus de leur gilet orange, ils encadraient le terrain et se tenant face au public entassé dans les tribunes, ils épiaient tout mouvement insolite pour prévenir toute violence.
S’agissait-il vraiment d’une fête vantant les mérites du sport, ou ne s’agissait-il pas plutôt du réveil brutal du plus absurde des nationalismes qui a trouvé son épilogue dans les manifestations populaires de Rome, où certains excités italiens ont porté fièrement et bien haut un cercueil recouvert du drapeau français ?
Curieuse fête qui a convié le monde entier, puisque les seuls Dieux des stades n’étaient pas sur la pelouse mais avaient comme nom : dollars ou euros ?
S’agissait-il vraiment d’une fête lorsque certains commentateurs n’hésitaient pas à parler de « l’honneur » de la France quand ils évoquaient la victoire de l’équipe qui portait nos couleurs ! A quel niveau plaçaient-ils l’honneur de la France ? Dans les évolutions d’un ballon rond !!
Certes il m’est arrivé, et je n’en rougis pas, de regarder certains matchs et d’admirer le ballet auquel se livraient les joueurs avec ce ballon qui, même lorsque j’étais jeune, était loin d’être maîtrisé par mes coups de pieds mal ajustés. Devant ma télévision j’assistais à un spectacle et le plaisir que j’en retirais n’avait rien à voir avec l’honneur de notre pays !
Le foot-ball, devenu sport mondial, me pose en effet plusieurs problèmes.
Tout d’abord, je l’ai déjà évoqué, je n’accepte pas la confusion que font les supporters et les commentateurs, entre les ébats des joueurs et l’honneur de notre pays. J’ai trop d’amour et de reconnaissance pour la France qui a accueilli avec générosité, au début du siècle dernier, mon père et ma mère, pour placer ses qualités au même niveau que l’habileté d’un homme, dusse-t-il être français, qui tape dans un ballon rond. Les grands savants qui explorent l’infini de la méconnaissance, ceux qui vont au bout du monde pour être utile aux hommes, éveillent en moi plus de fierté que ceux qui, accompagnés de chèques aux montants astronomiques, font d’un ballon leur seule perspective de vie.
Je me pose aussi la question, réactualisée durant un mois par la médiatisation outrancière de la Coupe du Monde : « pourquoi le foot-ball, de tous les sports d’équipe, est-il celui qui suscite le plus de violence ?».Si, à ma connaissance ce ne fut pas le cas en Allemagne, n’est-ce pas tout simplement parce que l’immense présence policière a été dissuasive ? Que se passe-t-il dans certains pays comme en Angleterre, le dimanche, dans de nombreux stades, lorsque les policiers sont soit absents, soit en nombre insuffisant ?
On pourra bien sûr me dire que les bandes de voyous qui se battent dans les stades n’y sont que pour cela et qu’ils n’ont pas grand-chose à voir avec le foot qui ne devient alors qu’un prétexte. Certes, mais pourquoi le foot et pas un autre sport ? Pourquoi le rugby, pourtant infiniment plus viril que le foot, n’attire pas, dans ses tribunes toutes ces bandes de casseurs.
Alors se repose à moi la question : « pourquoi le foot ? ».
Est-ce parce que, dès qu’il fait ses premiers pas le petit d’homme tape avec ses pieds dans une balle et que dans certains quartiers déshérités la boite de conserve remplaçant le ballon rond va de pieds en pieds selon l’adresse des gamins ?
Peut-être que l’explication se trouve effectivement dans la nature même de ce « jeu » qui répond aux premiers instincts de l’homme. Le foot ne porte-t-il pas, par sa nature même, les germes de la violence ?
Je pense, en effet, à la symbolique du « coup de pied » qui n’est jamais donné en témoignage d’amitié mais toujours pour se venger d’une offense subie ou plus simplement par agressivité ?
Les cartons rouges éliminant des joueurs responsables, sur le terrain, d’actes jugés violents par les arbitres, ne témoignent-ils de ce mécanisme psychologique, le coup de pied n’étant pas, par nature, preuve d’affection ?
Le carton rouge qui a sanctionné Zidane pour son coup de tête donné au joueur italien, n’a-t-il pas été instauré parce que le foot éveille chez le joueur des pulsions de violence ? Violence justifiée selon Zidane puisque, comme il l’a dit lui-même lors d’une interview, « il est un homme » et que comme tel il devait répondre par la violence aux injures qu’il dit avoir reçues. Ce qui veut dire que s’il n’avait pas répondu en donnant « virilement » le coup de tête, il devenait une mauviette à ses propres yeux. Curieuse façon de ne voir dans la justice que la loi du plus fort !
Voilà, j’ai eu besoin de me lâcher un peu et de dire à tous ceux qui aiment le foot et que je respecte totalement, qu’il leur faut raison garder.
Le sport ne doit jamais devenir ce que furent les jeux du cirque.
http://www.sambraun.com/article-2877584.htmlProstitution et coupe du monde de foot-ball2007-08-24T13:04:18Z2006-05-31T12:39:59ZSam Braunhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-266140.htmlSans vouloir entamer une polémique hors de propos qui serait de savoir si la prostitution volontaire et donc non contrainte est inéluctable à la nature même de nos sociétés, je voudrais simplement exprimer, par cette courte réflexion, ma colère du moment.
Nous apprenons en effet, sur tous les médias, presse écrite et audio-visuelle, que « le gouvernement allemand allait faire venir plusieurs milliers de prostituées lors de la coupe de monde de foot-ball ». Devant cette prostitution organisée à l’échelon gouvernemental, nous n’entendons que le silence étourdissant des associations qui ont pourtant comme vocation de lutter pour la liberté des êtres humains, pour le respect de la Charte des Droits de l’Homme, contre la pression esclavagiste de certains hommes envers d’autres hommes !
On pourrait bien sûr, me dire que de nombreux êtres humains font ce « métier » volontairement sans y être contraints et que l’organisation d’immenses bordels, autorisés en Allemagne, vaut mieux que les laisser dans les rues pratiquer le classique racolage. Les regrouper dans ces « usines », pensent certains, permet plus facilement de les identifier et de les contrôler médicalement. Je connais ces arguments et ce n’est pas sur l’existence de la prostitution et des maisons closes que se place mon « billet d’humeur »
Réfléchissons plutôt aux seules méthodes que pourront utiliser les responsables du gouvernement allemand pour faire venir toute cette population. A qui vont-ils s’adresser pour trouver ces milliers d’êtres humains déplacés ? Vont-ils mettre des petites annonces dans les journaux des pays de l’Est, d’Afrique ou d’Asie du Sud-Est ? Vont-ils envoyer des émissaires dans tous ces pays pour recruter sur place tous ceux et celles qui manquant de tout n’ont, comme seule solution que la vente de leur corps pour ne pas mourir de faim ?
Ce ne sont évidemment pas ces méthodes de recrutement qu’ils vont utiliser. Alors que vont-ils faire ? Ils vont tout simplement s’adresser aux organisateurs des réseaux de prostitution, c'est-à-dire aux proxénètes qui tirent des profits considérables de la détresse de tous ces gens.
Devenant ainsi complices de ce trafic d’êtres humains, ils seraient en France poursuivis pour proxénétisme aggravé.
Or, dans notre pays, qui a fait entendre sa voix ? Qu s’est insurgé contre l’Etat proxénète ? Quelle organisation humanitaire s’est-elle portée au secours des Droits de l’Homme bafoués légalement en ce début du vingt et unième siècle ?
Personne ne s’est élevé contre ce qui moralement est inadmissible ou si faiblement que ce ne fut entendu par personne.
La barbarie a encore de beaux jours devant elle, et je suis triste de constater qu’une fois de plus les gouvernements en sont les complices.
31 mai 2006
http://www.sambraun.com/article-2076176.htmlEt Dieu, dans tout cela ?2007-08-24T13:04:17Z2006-03-07T12:45:52ZSam Braunhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-266140.htmlLors de mes interventions dans les établissements scolaires les jeunes veulent souvent savoir ce que je pense du concept de Dieu, après avoir vécu dans les camps d’extermination nazis et côtoyé tant de morts injustes.
Je leur explique qu’étant né dans une famille non religieuse (je ne me souviens pas être entré dans une synagogue avec mes parents), j’ai néanmoins traversé à l’âge de 14 ou 15 ans, comme beaucoup d’adolescents, un phase mystique rapidement effacée dès mon arrivé à Auschwitz. J’ai eu ensuite le sentiment, comme l’a écrit un philosophe allemand, que « Dieu était mort à Auschwitz ».
Puis, tant bien que mal j’ai survécu, ai retrouvé la vie normale, suis devenu ce que je voulais être, un homme ordinaire.
Mais au fur et à mesure que les ans s’accumulaient, je me disais qu’il serait bien dommage, voire même stupide, qu’il n’y ait pas de projet à
la vie. Je
concevais difficilement que nous ne soyons que la résultante de la rencontre fortuite et combien invraissemblable, en terme de probabilité, de plusieurs atomes.
Certains pourraient donner à ce projet le nom de Dieu, pour moi ça n’était qu’une réflexion qui, je dois le dire ne me satisfaisait pas du tout.
Et puis un jour, mon épouse m’a apporté la photocopie d’une légende hindoue qu’elle avait lue dans le salon d’attente d’un médecin. En prenant connaissance de cette légende, brusquement, un voile s’est déchiré et j’ai eu la sensation de découvrir qu’elle était écrite depuis toujours en moi, mais que je ne savais pas la lire.
Ce texte est le suivant :
« Une vieille légende hindoue raconte qu’il y eut un temps où les hommes possédaient, en eux,
la divinité. Mais
, leur cupidité, leur égoïsme, leur soif du pouvoir, leur désirent de toujours supplanter les autres, firent qu’ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le Maître des Dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Il convoqua les Dieux mineurs et réfléchit avec eux.
Un des Dieux lui suggéra d’enterrer le pouvoir divin de l’homme au plus profond de la terre, jusqu’au centre du monde, près du magma, mais Brahma lui répondit : « Non, cela ne suffit pas, car l’homme creusera, creusera, et un jour il le retrouvera, s’en saisira et se comportera à nouveau comme avant ».
Un autre Dieu lui dit alors : « Maître, cachons-le au plus haut du ciel, là où finit notre monde et commence l’éternité ». Mais Brahma répondit : « Non, cela ne suffit pas non plus, car dans son désir de conquérir l’Univers, l’homme finira par l’explorer, il montra très haut dans le ciel, et il le retrouvera ».
Un troisième Dieu lui dit enfin : « Maître, immergeons-le au plus profond des océans, là où il n’y a plus de vie, il ne pourra jamais descendre si bas ! ». Mais Brahma répondit : « Non, car l'homme voudra aussi conquérir toutes les mers, il construira des machines qui pourront descendre au fond des océans et en explorant les profondeurs, il le trouvera et le remontera à la surface ».
Les Dieux mineurs, désappointés, étaient atterrés et conclurent qu'ils ne savaient pas où le cacher car il ne semblait exister sur terre, dans le ciel ou dans la mer d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour.
Alors Brahma, dans sa grande sagesse leur dit : « Je sais ce que nous allons faire, nous allons cacher le pouvoir divin des hommes au plus profond d'eux-mêmes, là, ils ne le chercheront jamais ».
Depuis ce temps, conclut la légende, l'homme a fait le tour de la terre, est monté très haut dans le ciel, a exploré la profondeur des océans, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui-même et qu'il retrouvera, lorsqu'enfin il possédera la sagesse ». »
Cette merveilleuse légende, riche en symboles, je la leur conte lorsqu’ils me demandent ce que je pense du concept de Dieu. Toute cette sagesse, surtout la dernière phrase qui la contient dans son intégralité, je tente de la leur commenter. Je leur explique que, pour moi, comme tous les hommes, ils ont en eux la divinité, mais que pour la trouver il faut se remettre en question tous les jours et ne jamais s’enfermer dans ses certitudes, sources de tous les extrémismes générateurs de violence.
http://www.sambraun.com/article-1844577.htmlLe Bonheur2007-08-24T13:04:16Z2006-02-11T01:23:46ZSam Braunhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-266140.htmlRécemment m’est parvenu, par Internet, un diaporama accompagné de réflexions sur le bonheur dont la dernière, depuis ce jour, ne cesse d’habiter ma pensée.
Je vous la livre comme je l’ai reçue :
« Il n’y a pas de chemin qui mène au bonheur, car le bonheur, c’est le chemin »
J’avoue que la lecture et les nombreuses relectures de cette phrase ont éveillé, en moi, plusieurs résonances.
J’ai tout d’abord été bercé par son côté poétique, par le chant de ses mots, par les images mêmes que cette phrase faisait surgir en moi.
Chaque fois que je la relisais, des explications inattendues me prenaient à bras le corps et m’emportaient vers des réflexions nouvelles, car chaque fois me venaient à l’esprit d’autres pistes de pensée.
Le bonheur est-il une finalité en lui-même ?
Si on devait aller « vers » le bonheur en orientant tous nos efforts dans le but unique de l’atteindre, comme on peut toujours aller plus loin dans notre propre évolution et que le sentiment de plénitude satisfaite n’est jamais abouti, ce bonheur inaccessible deviendrait une utopie inatteignable. Nous serions alors tous frustrés, puisque le but fixé et jamais satisfait, deviendrait presqu’un mythe.
Si en revanche, on aborde la notion de bonheur non comme un but à atteindre, mais comme un moyen, alors tous les instants de la vie peuvent devenir source de satisfaction, toutes les embûches qu’inévitablement nous rencontrons et que, grâce à nos efforts nous arrivons à vaincre, peuvent être source d’un réel bonheur, d’une vraie plénitude.
Un proverbe africain dit que « le bonheur se construit à chaque instant de sa vie avec son cœur » et les bouddhistes recommandent de vivre intensément et avec conscience tous les instants de la vie, car chaque instant de la vie est en lui-même un bonheur.
Nous sommes, me semble-t-il au cœur même de cette réflexion.
Pour moi le bonheur n’est pas l’état final dans lequel nous nous trouvons lors de la satisfaction de nos désirs, mais réside dans l’effort permanent qu’il faut fournir pour y arriver. Je serais même tenté de dire que le bonheur est cet effort incessant, parce que bonheur et effort sont de même nature.
La vie met au travers de notre route des difficultés, des doutes, des désespoirs. Le bonheur n’est pas dans l’aboutissement de ce périlleux voyage mais dans l’effort permanent qu’il faut fournir, à chaque instant, pour surmonter les obstacles.
Obstacles divers puisque le premier de ceux-ci nous le portons en nous. L’homme est le premier prédateur de l’homme et probablement le plus dangereux de tous. En nous se cachent toutes nos faiblesses, toutes nos insuffisances, toutes nos incompréhensions responsables de la plupart de nos maux.
Mais en nous se trouvent également les ressources nécessaires pour vaincre toutes nos difficultés.
Certes, lorsque se dressent devant nous des barrières nous paraissant infranchissables, lorsque des sentiments de rancœur, de haine aussi et parfois de vengeance nous assaillent et que nous savons les vaincre en les chassant de notre cœur et de notre esprit, lorsqu’enfin nous en sortons vainqueurs, les sentiments qui nous habitent alors, sentiments de plénitude et de satisfaction pourraient être interprétés comme l’aboutissement d’une certaine forme de bonheur. Mais ils ne sont que des sentiments de joie, bien fugitifs et temporaires.
Alors le bonheur existe-t-il ? Ou n’est-il pas une chimère qui fait courir le monde des hommes ?
Le bonheur que chacun recherche avec fébrilité est-il le résultat de la satisfaction d’un désir, ou n’est-il pas simplement comme je l’ai suggéré, non un but en lui-même, mais un moyen ? Un moyen pour aller où ? Un moyen pour aller vers quoi ?
Plusieurs réponses peuvent être apportées à ces questions.
Je pense, pour ma part qu’il est tout simplement un moyen pour accomplir sa vie et qu’il n’y a bonheur que dans la satisfaction de l’effort accompli.
Le bonheur est donc au cours de notre chemin de vie et non à l’aboutissement de celui-ci, ce qui en termes poétiques s’exprime merveilleusement par la phrase que j’ai citée plus haut et par celle lue aussi sur le même diaporama:
« Le bonheur n’est pas une destination, mais un voyage».
Voilà les simples réflexions que m’ont inspirées ces textes, réflexions que je voulais partager avec vous.