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    <title><![CDATA[le blog sambraun par : Sam]]></title>
    <link>http://www.sambraun.com/</link>
    <description>Lutte contre la barbarie, le racisme et l'antisémitisme.
Travail de Mémoire</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Mon, 15 Mar 2010 15:24:31 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Mon, 15 Mar 2010 15:24:31 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2010, Sam Braun</copyright>            <category>Culture</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Testament philosophique des anciens déportés d'Auschwitz]]></title>
        <link>http://www.sambraun.com/article-testament-philosophique-des-anciens-deportes-d-auschwitz-43942974.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Il y a soixante cinq ans se sont ouvertes, enfin, les portes d’un enfer où tant de compagnons sont morts après d’atroces
    souffrances, morts sans sépulture, morts que personne ne pleure car personne ne leur a survécu.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Soixante cinq ans&nbsp;! C’est long soixante cinq ans, tu sais, mais à la fois c’est si court puisque le souvenir de
    tout ce que nous avons vécu là-bas, à Auschwitz, ne nous quitte jamais ! Tout ce qui maintenant est décrit dans les livres et appartient au passé, est notre présent quotidien. Si apparemment nous
    sommes tous redevenus des êtres normaux, nous ne le sommes que pour les autres car notre cœur ne cesse de saigner. Nos souffrances se sont un peu cicatrisées, mais la cicatrice qu’elles ont
    laissée reste pour nous si visible qu’elle nous fait encore bien mal, saigne souvent et même parfois pleure de grosses larmes de sang</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 12pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">C’est long, tu sais, soixante cinq ans, mais c’est si court quand on les vit toujours là-bas, en Haute Silésie où il
    faisait si froid.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Tu fus peut-être, toi qui m’entends, parmi ceux qui, à notre retour nous regardaient sans nous voir, nous entendaient
    sans nous écouter, n’avaient d’attention que pour les anciens résistants puisque pour toi nous n’étions que des «&nbsp;victimes civiles&nbsp;». Certes nous n’avions pas, comme eux, combattu le
    nazisme, mais comme eux nous avions souffert mille morts et nos familles, tous ceux que nous adorions, nous ont été arrachés pour être assassinés par le gaz, comme on n’oserait même pas le faire
    pour des animaux nuisibles.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Là-bas, tu sais, nous étions tous les mêmes&nbsp;! Nous avions tous tellement faim que nous marchions courbés comme des
    vieillards pour comprimer nos corps qui nous faisaient souffrir&nbsp;; nous avions tous tellement froid avec nos vêtements légers de bagnard, que le vent qui soufflait tout le temps, nous glaçait
    jusqu’aux os&nbsp;; nous avions tous tellement peur de la bestialité des SS et des kapos pour qui nous n’étions que des «&nbsp;stucks&nbsp;», des morceaux, que des sous-hommes, des
    «&nbsp;untermunshen&nbsp;», avec comme destin commun, celui de mourir après deux mois de ce régime innommable, ou de périr asphyxiés par le Zyclon B, dans une de leurs chambres à
    gaz.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Là-bas, tu sais, nous étions tous les mêmes ! Nous avons tous vu des corps souffrir, nous avons vu des corps mourir.
    Nous avons vu des kapos et des SS tuer pour le seul plaisir de donner la mort ou tuer, comme cela, pour s’occuper. Nous avons vu la bête, que certains hommes portent en eux, se déchaîner contre
    les autres, uniquement parce qu’ils pouvaient le faire, en toute impunité. Nous avons vu l’insoutenable. Nous avons vu l’incommunicable. Nous avons vu l’horreur. Nous avons vu l’épouvante. Nous
    avons même vu les yeux de la mort.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Là-bas nous étions tous les mêmes, tu sais et si certains d’entre nous ont été dès le retour, quelque peu oubliés, tout
    cela, maintenant, appartient au passé et nous pouvons enfin, d’une même voix, transmettre au monde notre message&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">- Nous, anciens déportés des camps de concentration et d’extermination nazis, nous que l’organisation fasciste a
    piétinés, bafoués, humiliés, torturés, par l’espérance qui nous habitait - nous avons appris la valeur de la vie.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">- Nous, que cette force aveugle, implacable, a voulu détruire en nous atteignant dans notre dignité, en souffrant mille
    morts - nous avons appris que l’intolérance animée par la haine poussée jusqu’à son paroxysme, pouvait ne connaître aucune limite.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">- Nous qui avons été battus par la lâcheté de certains hommes rivalisant de violence devant les SS qui regardaient le
    spectacle avec indifférence ou perversité - nous avons appris la valeur de l’honneur.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">- Nous qui étions entourés de pauvres malheureux, qui comme nous étaient faméliques à force d’avoir faim, morts-vivants
    que nous croisions dans les allées du camp, êtres aux mêmes visages, aux mêmes regards, aux yeux sans expression enfoncés bien loin dans leurs orbites, qui rêvaient de mondes lointains, de pays
    aux rivages impossibles - nous avons appris la valeur de l’amour.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">- Nous qui avons assisté à la sinistre pendaison de nombreux compagnons - nous avons appris à vivre dans la douleur,
    leur détresse comme si elle était nôtre.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">- Nous qui fumes témoins de la mort injuste de ceux qui étaient martyrisés non pour ce qu’ils avaient fait, mais pour ce
    qu’ils étaient, - nous avons appris à combattre le racisme et l’antisémitisme partout où il se terre, partout où il se cache.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">- Nous qui partagions le martyr de tous ces résistants glorieux et souvent anonymes, de ceux qui avaient choisi de
    combattre l’arbitraire en sacrifiant leur vie pour le bonheur des autres - nous avons appris à lutter contre tous les totalitarismes.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">- Nous pour qui chaque minute gagnée était une victoire pour la vie - nous avons appris le sens du combat et de la lutte
    pour la liberté.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">- Nous qui ne parvenons pas à chasser définitivement de notre mémoire, malgré tous nos efforts, les images de l’enfer
    concentrationnaire - nous connaissons la force et les ravages de l’innommable barbarie.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">- Nous qui supportions plus facilement notre propre souffrance que la souffrance des autres - nous avons appris la
    valeur de la fraternité.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">- Nous, que l’idéologie nazie voulait déshumaniser en nous interdisant le simple droit de vivre, le simple droit
    d’exister, nous avons vaincu les bourreaux en glorifiant la vie.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">- Nous tous, anciens déportés, qui en 1945, lors du retour des camps de la mort espérions pour nos enfants une vie
    exempte de barbelés, nous tremblons pour l’avenir de l’humanité devant le nombre sans cesse grandissant de miradors qui, comme des champignons vénéneux, poussent partout dans le
    monde.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 18pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Ayant appris la valeur de la vie qui doit être toujours plus forte que la mort, le danger des certitudes générant tous
    les fanatismes, le sens de la liberté et de la compassion pour tous ceux qui souffrent, le respect de la dignité que chacun doit à tous, seraient-ils nos plus grands ennemis, ayant appris la
    vertu de l’espérance, l’importance enfin de tous les êtres humains quels que soient leur culture, leur croyance et leur lieu d’origine, les anciens déportés des bagnes nazis, forts de leur
    expérience de vie, implorent tous les êtres de bonne volonté de se lever pour que tous ensemble, avec notre bâton de pèlerin comme seule arme et comme viatique, l’Amour de l’humanité, nous
    menions une chasse sans faiblesse à l’intolérance, au rejet de l’Autre du seul fait de sa croyance religieuse ou du lieu de son origine, pour venir un jour à bout de l’obscurantisme, du
    dogmatisme, de la violence et de la haine.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Bien que souvent tu hésites devant le chemin à prendre, bien que parfois tu t’aventures sur des routes dont la
    dangerosité nous inquiète, bien qu’il t’arrive de prêter une oreille complaisante au chant des sirènes de la violence et de la haine, ce message est pour toi, jeunesse sacrée, porteuse
    d’espérance, créatrice de la réalité de demain. Nos espoirs et nos rêves, maintenant t’appartiennent.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Dans peu d’années, nous tous, nous ne survivrons plus que dans le souvenir de ceux qui nous auront aimés et nous ne
    pourrons plus te prendre par la main pour t’aider à marcher en guidant tes pas hésitants. Tu seras seul, mon jeune ami, pour découvrir ta voie. Puisse faire ton destin qu’elle soit dans l’éthique
    de tout ce que nous aurions aimé avoir encore le temps de t’expliquer</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 18pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Que tu deviennes ouvrier, ingénieur, membre d’une profession libérale ou éducateur de jeunes enfants, ta vie se
    construira sur le passé des hommes, sur celui des morts sous la mitraille ou dans les chambres à gaz, sur celui de ceux qui ont sacrifié leur futur pour le bénéfice de ton présent, pour que tu
    aies le bonheur de vivre dans un monde de tolérance et de liberté. Héritière de ce passé tu devras le restituer à ceux qui te succéderont afin que notre petite planète sur laquelle il pourrait
    faire si bon vivre, puisse un jour devenir la Terre des Hommes</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: right; margin: 0cm 0cm 0pt;" align="right">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Sam Braun</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: right; margin: 0cm 0cm 0pt;" align="right">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Pour l’Union des Déportes d’Auschwitz et des camps de Haute Silésie</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: right; margin: 0cm 0cm 0pt;" align="right">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Hôtel de Ville de Paris - 24 janvier 2010</span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 30 Jan 2010 16:38:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.sambraun.com/article-testament-philosophique-des-anciens-deportes-d-auschwitz-43942974.html</guid>
                <category>sambraun</category>        <comments>http://www.sambraun.com/article-testament-philosophique-des-anciens-deportes-d-auschwitz-43942974-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Nous ne serons jamais des vivants comme les autres, nous sommes des survivants]]></title>
        <link>http://www.sambraun.com/article-nous-ne-serons-jamais-des-vivants-comme-les-autres-nous-sommes-des-survivants-43833840.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">Il fut retrouvé, peu de temps après coupé en trois morceaux, mais quand nous avons
    appris le vol du fronton du portail d'Auschwitz, toutes les images du camp, une fois de plus, se sont imposées à nous et nous avons été nombreux, devant la profanation de ce symbole devenu sacré
    car gardien de l'entrée d'un immense cimetière, sans pierre tombale, sans sépulture, sans linceul, nous avons été nombreux à l'avoir vécu comme une espèce de viol.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">Viol de la mémoire de ceux qui tous les jours rêvaient de la liberté, si lointaine,
    là-bas, de l'autre côté du fronton et essayaient de survivre malgré l'inhumanité et la barbarie, la violence et l'indicible ; viol de tous les martyrs qui n'ont franchi le portail qu'une seule
    fois, puisque leurs assassins les attendaient près d'une fausse salle de douche ; viol de nos familles qui ont été décimées, de tous ceux qui n'ont laissé personne derrière eux et dont le nom
    s'est éteint, alors que s'allumaient les fours crématoires ; viol de tous les enfants dont le sourire était la seule arme.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">Certes, nous n'avons pas été les seuls à être indignés par cette profanation, mais
    ceux qui le furent n'ont pas été meurtris dans leur chair comme nous l'avons été nous-mêmes, car ils n'étaient pas là-bas durant les années noires.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">"Le travail c'est la Liberté", dit en allemand le fronton, mais sous le joug nazi
    notre travail c'était le bagne, notre liberté les chambres à gaz et c'est parce que nous avons souffert là-bas mille morts que ce vol a ravivé nos plaies mal cicatrisées.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">Car quoi que nous fassions, quelle que soit la qualité et la réussite de notre
    résilience, nous serons toujours des survivants même si nous donnons, parfois, l'illusion d'être des vivants comme les autres</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">"L'arrêt de la maltraitance n'est pas la fin du problème" a écrit Boris
    Cyrulnic.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">De l'extérieur, souvent, rien ne parait, comme si nous avions abandonné au vestiaire
    de notre passé, les faits innommables auxquels nous avons assisté et dont nous fûmes, bien souvent les sujets ; la violence qui nous entourait et la faim, cette faim permanente et douloureuse,
    Même s'il n'en parait pas, nos souvenirs, lovés dans un coin de notre mémoire, ne sont jamais bien loin puisqu'il suffit de peu de chose pour les faire resurgir. Une image, un bruit, une odeur et
    ils arrivent en foule dans une bousculade infernale laissant toujours les plus cruels prendre les premières places.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">L'insupportable survie au camp et la folle Marche de la Mort, nous visitent bien
    souvent et revivent en nous, même si avec le temps, l'intensité de la douleur s'est un peu émoussée.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">Malgré notre volonté de rendre notre mémoire d'Auschwitz moins corrosive en nous
    intégrant dans un monde normal ; malgré nos efforts pour cultiver le paraitre afin de masquer l'être intime, parfois trop douloureux, les 65 années passées n'ont pas réussi à faire de nous, tout
    à fait des vivants comme les autres.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">Dans ce monde inégalitaire il y a des vivants qui le sont différemment des autres,
    nous sommes de ceux-là.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; color: black; font-size: 14pt;">Quelle que soit la vie que nous avons menée après la Shoah et la
    famille que nous avons créée ou reconstituée, quelle que soit notre réussite sociale, nous n'avons jamais été véritablement libérés du Lager, comme l'appelait Primo Lévi</span> <span style=
    "line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">et nous nous réveillons parfois en sueur, après un cauchemar qui a fait revivre le camp.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">Force est de constater que nous ne sommes pas des vivants tout à fait comme les
    autres.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; color: black; font-size: 14pt;">Pour Nathalie Zajde, nous revivons fréquemment l'inimaginable Shoah et
    l'assassinat systématique des Tziganes, parce que dans les sociétés actuelles, telle une déferlante universelle, apparaissent des épurations semblables à celles que nous avons connues.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; color: black; font-size: 14pt;">Mais il y a d'autres raisons. Si nous sommes et resterons toujours des
    survivants parmi les vivants, c'est aussi parce que nous avons été jetés sur une autre planète, là où régnaient en maître l'iniquité, la brutalité et où la mort était devenue familière.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; color: black; font-size: 14pt;">Comment chasser de notre mémoire l</span><span style=
    "line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">es appels qui duraient si longtemps alors que nous restions debout, sans bouger, dans le froid et
    le vent glacial ; comment oublier les "visites des musulmans", comme ils disaient, au cours desquelles la mort nous attendait pour nous donner rendez-vous ; comment éliminer de notre mémoire les
    morts-vivants que nous croisions dans les allées du camp et qui marchaient pliés en deux comme s'ils étaient en prière ; nous ne<span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span> pouvons pas les
    oublier, car nous étions ces morts-vivants !! Comme eux nous marchions courbés par la faim et la fatigue, comme eux nous étions glacés l'hiver dans nos vêtements trop légers, comme eux nous
    protégions jalousement notre gamelle pour éviter que nous soit volée le peu de soupe infâme qu'ils nous donnaient pour subsister.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">Nous étions effectivement sur une autre planète quand, le 18 janvier 1945, gardés par
    les SS et les chiens, quittant le camp pour la dernière fois, nous sommes partis en exode qui deviendra très vite, une effroyable Marche de la Mort. Marche hallucinante vers nulle part.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">La victoire qui leur échappait, décuplait la violence des SS.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">Au camp nous avions connu la folie, là, nous étions en pleine démence</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">Le nombre de compagnons assassinés augmentait sans cesse et leurs cadavres, laissés
    sur le bord de la route jalonnaient notre passage. Parfois, celui à côté duquel nous marchions depuis des heures, ne pouvant plus avancer, s'affaissait sur la route et mourant était bousculé,
    presque piétiné par ceux qui suivaient et qui ne l'avaient pas vu. Je ne peux chasser de ma mémoire le jour où ils nous ont entassés sur des wagons de marchandises et demeure encore horrifié par
    tous les morts ........ou presque morts, sur lesquels nous nous sommes affalés tellement nous étions épuisés.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">Toutes ces morts injustes sont souvent présentes dans notre mémoire et surgissent
    sans crier gare</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">Même si nous avons essayé de vivre afin de pouvoir un jour exister, nous restons
    habités par tout ce que nous avons vu et vécu là-bas, car on n'est pas indemne d'un passé indicible !!</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">Mais il y a aussi une autre raison à notre état de survivants : nous avons maintenant
    conscience d'être les derniers témoins à pouvoir dire "j'y étais et j'ai vu". Alors que les truqueurs, les maquilleurs de la réalité, révisionnistes et négationnistes se renouvellent de
    génération en génération comme toutes les mauvaises herbes, nous qui sommes les derniers à pouvoir faire revivre nos morts, nous nous demandons sans cesse si nous avons suffisamment œuvré pour
    que la véritable Histoire puisse ne jamais être réécrite au bénéfice d'odieux mensonges. Avons-nous suffisamment contribué à l'indispensable "travail de mémoire" ?</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">Chaque fois que nous rencontrons des adolescents pour parler des dangers de tous les
    extrémismes et que nous décrivons les actes de barbarie auxquels nous avons assisté ; chaque fois que nous expliquons où peuvent mener le fanatisme et la haine, le racisme et l'antisémitisme et
    que nous faisons revivre les étapes choisies pas les SS pour nous déshumaniser, même si nous le faisons avec modération ; chaque fois qu'à la fin de nos interventions ils nous demandent de leur
    montrer le numéro matricule tatoué sur notre bras gauche, chaque fois nous nous retrouvons à Auschwitz et vivons à nouveau ce que nous leur décrivons.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 14pt;">Alors, mes amis, acceptons ce fait inéluctable d'être des survivants parmi les
    vivants, acceptons de faire revivre nos familles et tous les martyrs anonymes que nous avons laissés là-bas, acceptons même nos cauchemars et les moments de la journée où tout nous revient comme
    une vague déferlante, acceptons tout cela, mais poursuivons inlassablement notre "travail de mémoire" pour donner du sens aux peu d'années qui nous restent.<br>
    <br>
    (Témoignage fait à l'Hôtel de Ville de Paris le 24 janvier 2010, lors de la Commémoration du 65ème anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz)</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 28 Jan 2010 20:39:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.sambraun.com/article-nous-ne-serons-jamais-des-vivants-comme-les-autres-nous-sommes-des-survivants-43833840.html</guid>
                <category>sambraun</category>        <comments>http://www.sambraun.com/article-nous-ne-serons-jamais-des-vivants-comme-les-autres-nous-sommes-des-survivants-43833840-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La relativité du Temps]]></title>
        <link>http://www.sambraun.com/article-34456656.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Précédemment j’avais écrit sur mon Blog quelques réflexions sur le Temps en opposant celui-ci à la vieillesse.
    J’avais écrit notamment&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;"></p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp;«&nbsp;Le Temps n’est-il pas plutôt mesurable par la perception individuelle de chacun&nbsp;? Ce
    <b>«&nbsp;temps subjectif&nbsp;»</b>, éminemment variable chez chaque individu, et pour un même sujet différent d’un instant à un autre, répond alors à une espèce d’horloge psychologique qui se
    dérèglerait à tous moments. Certaines minutes sont des éternités, et d’autres sont si courtes que leur brièveté laisse un goût d’amertume et d’insatisfaction&nbsp;».<br></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><br>
    Il manquait alors quelque chose d’important à ces cogitations. Ce quelque chose était tout simplement l’humour.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><br>
    Partagez donc avec moi cette histoire illustrant la relativité du Temps. Je l’emprunte au livre de Daniel Cathcart et Daniel Klein&nbsp;: «&nbsp;Platon et son ornithorynque entrent dans un
    bar&nbsp;», édité au Seuil et que je viens de lire avec un sourire ponctuant chaque page, parfois même un rire aux éclats.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-size: 14pt;"><br>
    «&nbsp; Un homme est en train de prier le Seigneur. «&nbsp;Mon Dieu&nbsp;», dit-il, «&nbsp;je voudrai vous poser une question&nbsp;».</span></em>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Le Seigneur répond «&nbsp;Pas de problème, vas-y&nbsp;».</span></span></em>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">«&nbsp;Seigneur est-il vrai qu’un million d’années est pour vous une seconde&nbsp;?&nbsp;»</span></span></em>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">«&nbsp;Oui, c’est vrai.&nbsp;»</span></span></em>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">«&nbsp;Bon, alors, un million d’euros, c’est quoi, pour vous&nbsp;?&nbsp;»</span></span></em>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">«&nbsp;Un million d’euros, c’est pour moi comme un centime.&nbsp;»</span></span></em>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">«&nbsp;Eh bien, Seigneur, puis-je avoir un centime&nbsp;?&nbsp;»</span></span></em>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">«&nbsp;Bien sûr&nbsp;», dit le Seigneur. «&nbsp;Donne-moi une seconde.&nbsp;»<br></span></span></em>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><br>
    Je ne sais pas si cette petite blague vous fera rire comme elle le fit pour moi lorsque je l’ai lue, mais elle vous donnera une fois de plus le sentiment que la perception du Temps n’est pas
    objective et que chacun d’entre nous porte sa propre horloge qui, comparée à l’horloge de l’Autre, affiche, à tout instant, un Temps différent.</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 01 Aug 2009 10:18:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.sambraun.com/article-34456656.html</guid>
                <category>sambraun</category>        <comments>http://www.sambraun.com/article-34456656-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Laurie... et tous les autres]]></title>
        <link>http://www.sambraun.com/article-31372766.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; mso-bidi-font-style: italic;"><span style="font-family: Times New Roman;">Il y a dans la vie des jours fastes, des jours heureux au cours desquels on se dit, sans
    aucune espèce de morbidité, que l’on peut mourir en paix. Il y a des jours où, sans être parfaitement satisfait du travail accompli puisqu’il n’est jamais totalement abouti, où l’on voit les
    graines que nous avons semées prendre racine, de jeunes pousses apparaître, sortir de terre et donner de belles plante qui fleuriront et répandront autour d’elles le parfum du message qu’on a
    voulu transmettre. Il y a des jours fastes, où tout parait simple.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; mso-bidi-font-style: italic;"><span style="font-family: Times New Roman;">Depuis plus de vingt cinq ans, avec comme viatique tout ce que j’ai appris là-bas, je vais
    de collèges en lycées pour éveiller les jeunes à l’importance de l’Autre. Et depuis tout ce temps, comme je l’ai déjà écrit par ailleurs, une obsession me taraude&nbsp;: à quoi sert tout ce
    qu’avec de nombreux autres rescapés des camps nazis, nous faisons auprès des jeunes&nbsp;? Avons-nous réussi, dans notre «&nbsp;travail de mémoire&nbsp;» à faire progresser, ne serait-ce que d’un
    <em>iota</em>, le «&nbsp;vivre ensemble&nbsp;» auquel nous tenons tant&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; mso-bidi-font-style: italic;"><span style="font-family: Times New Roman;">Et puis, Laurie, jeune lycéenne, m’a adressé il y a deux jours le message qu’avec son
    autorisation je vous communique ci-après&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <em><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <em><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Cher Sam,</span></span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <em><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">«&nbsp;Lundi 11 Mai 2009&nbsp;»&nbsp; une date que j’attendais depuis trois semaines avec impatience. Cette journée
    était déjà à l’origine importante à mes yeux, mais elle l’est devenue encore plus depuis l’annonce de votre venue.&nbsp; C’est aussi la fin de notre projet scolaire, une finalisation de tout ce
    travail fait pour la mémoire. Et c’est à partir de ce jour que je deviens à part entière un Passeur de Mémoire. Un rôle important à mes yeux. Le temps passe, mais l’Histoire reste. Et il ne faut
    pas oublier. Ce n’est finalement pas évident d’être Passeur de Mémoire, car il faut trouver les mots justes pour pouvoir parler de la Shoah. Pour pouvoir parler de choses que nous n’avons pas
    réellement connues, et savoir faire passer un message précis avec cette mémoire.</span></span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <em><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Si votre rencontre a été celle&nbsp; qui m’a le plus touchée, c’est parce qu’à travers vos paroles on comprend alors
    l’importance d’une vie. L’importance de vivre sa vie, et de ressortir toujours plus fort des épreuves. L’expression qui me revient toujours quand je repense à votre intervention est&nbsp;:
    «&nbsp;Une leçon de vie&nbsp;». Il n’y a pas plus impressionnant que d’entendre, de la part d’une personne qui a connu la pire des horreurs, que la vie est belle.</span></span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <em><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Merci pour tout.</span></span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <em><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">J’espère tout de même vous revoir bientôt&nbsp;!</span></span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Prenez soin de vous.</span></span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Laurie</span></span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Sitôt ce message reçu je lui ai adressé la réponse suivante&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Ma chère Laurie,</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Ta lettre que j'ai lue avec bonheur, m'a beaucoup ému. Elle m'a ému et surtout rassuré sur l'avenir du "travail de
    mémoire".</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Depuis 25 ans j'interviens dans les écoles et je n'ai de cesse de faire que parmi tous les jeunes que je rencontre,
    nombreux d'entre eux deviennent des "passeurs de mémoire". Pour raconter non seulement ce que fut l'ignominie des camps nazis, mais aussi et surtout pour communiquer autour d'eux ce que nous
    avons appris là-bas. Certes nous l’avons payé cher mais nous avons appris ce que plusieurs vies mises bout à bout ne nous auraient pas enseigné. Nous avons appris : l'amour de la liberté, le
    respect de la différence de l’Autre dans la plus totale tolérance, l’amour de l’humanité dans le respect de la dignité de tous seraient-ils nos plus grands ennemis, la lutte indispensable contre
    toutes formes de violence, de racisme, contre toute résurgence de l'antisémitisme, en d'autre termes nous avons appris "l'art de vivre ensemble".</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">La lecture de ta lettre me montre que tu es engagée dans cette voie et j'en suis tout heureux. Merci chère
    Laurie.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Je t'embrasse très fort</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Et le lendemain je reçois le message suivant&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Dans deux semaines, avec une amie nous allons passer dans d’autres classes du
    lycée pour parler de la Shoah. Et à mon tour je vais utiliser ce que vous avez pu me dire pour faire passer le «&nbsp;message&nbsp;».</span></span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">A très bientôt, la distance et le temps ne me décourage pas&nbsp;: j’espère
    toujours.</span></span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Prenez soin de vous.</span></span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Laurie</span></span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Après avoir lu ces messages a-t-on le droit de désespérer de la jeunesse&nbsp;? Merci Laurie pour le bonheur que tu nous
    donnes.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Et voilà une autre joie : à&nbsp;l’occasion du dernier Concours National de la Résistance et de la Déportation traitant
    des enfants et des adolescents dans l’univers concentrationnaire, nombreux travaux se sont structurés autour de mes interventions dans les établissements scolaires. J’en remercie bien sincèrement
    leurs auteurs et leurs professeurs qui les ont souvent aidés dans leurs recherches de documentations.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Je ne peux pas, malheureusement, les citer tous et pense au Lycée R. Follereau de Nevers dont les enfants ont réalisé
    des cartouches sous la forme de «&nbsp;Je me souviens ….&nbsp;» au Collège Henri Barbusse de Alfortville (dans la région parisienne) dont les élèves ont créé un Blog que vous pouvez visiter à
    l’adresse suivante&nbsp;: <span style="text-decoration: underline;"><span style="color: #3366ff;">http://cnrd2009barbussegroupe5.over-blog.com/</span></span><br></span><br></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Le «&nbsp;travail de mémoire&nbsp;» qui n’est, somme toute, que l’enseignement de «&nbsp;l’art de vivre&nbsp;», est
    entre de bonnes mains.</span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 13 May 2009 15:47:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.sambraun.com/article-31372766.html</guid>
                <category>sambraun</category>        <comments>http://www.sambraun.com/article-31372766-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La poupée de la petite Juive]]></title>
        <link>http://www.sambraun.com/article-28789625.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Je voulais, depuis longtemps, raconter une belle histoire qui m'est arrivée il y a quelques années et qui pourrait être
    le thème d’une nouvelle littéraire tant elle fut pour moi vivante et émouvante. Vous excuserez mon style qui n’est pas celui d’un nouvelliste&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Sollicité par une association pour venir à Clermont-Ferrand, où je fus arrêté avec mes parents et ma petite soeur, pour
    faire une conférence sur ma déportation, j'ai eu la chance de rencontrer le petit-fils de la propriétaire de l'immeuble dans lequel nous habitions, rue La Tour d'Auvergne. Cette femme, très liée
    avec mes parents et qui fut une grande résistante, leur avait proposé de nous cacher, ma petite soeur et moi. Mais mon père, dans son admirable candeur, se sentant profondément français, bien
    qu’il soit né sous d’autres cieux, était certain que nous ne risquions rien. Il était persuadé que nous ne serions pas arrêtés, puisqu’il avait fait la guerre de 1914 et qu'il fut décoré à ce
    titre. Il en était tellement convaincu qu’il ne se cachait pas et nous laissait aller à l’école sans aucun problème. Ecoutant peut-être les raisons invoquées par ma mère, il a quand même remis à
    notre propriétaire un certain nombre d'objets, dont tous ses livres auxquels il tenait tant.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">À mon retour d'Allemagne, en 1945, alors qu’avec mon frère j’ai réintégré l'appartement de mes parents, la propriétaire
    de l’immeuble, femme admirable s’il en fut, nous a rendu bien sûr tout ce que mon père lui avait confié.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Quelques années plus tard, alors que sans laisser d'adresse, j'ai quitté Clermont-Ferrand pour rejoindre Paris pour y
    mener mes études de médecine, elle retrouve au fond d'un placard une grande poupée ayant appartenu à ma petite soeur Monique. Cette poupée, en celluloïd, comme on les faisait à l'époque, était
    haute d’au moins 80 cm, et je la revois encore vêtue de sa robe rose tricotée par ma maman.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Que faire de cette poupée, a dû penser cette femme, puisqu'elle ne pouvait pas me la remettre n'ayant pas mon adresse
    ?</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Alors, avec précaution, elle l'a assise sur un fauteuil sur le palier du premier étage de l'immeuble, face à la porte
    d'entrée de notre ancien appartement, et telle une relique quasiment religieuse, elle l’a laissée des années sur son siège en disant toujours à son petit-fils, qui chaque fois voulait la toucher
    : « Il ne faut pas toucher à cette poupée, Jean-Pierre, c'est celle de la petite Juive qui est morte en déportation ».</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Et tous les ans, avec sa grand-mère, Jean-Pierre lavait la poupée, et tout le temps la grand-mère comme une litanie
    disait à son petit-fils : « ne touche pas à cette poupée, c'est celle de la petite Juive ».</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Devenu jeune adulte, le hasard comme un clin d'oeil, a voulu que Jean-Pierre, avec sa maman, non seulement occupe
    l'appartement que nous habitions, mais ait eu comme chambre celle qui fut mienne et que je partageais avec mon frère.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Durant des années, en sortant de son appartement, cette poupée lui tendait les bras comme une invite à la serrer contre
    lui. Et toujours sa grand-mère disait «&nbsp;ne touche pas à cette poupée, Jean-Pierre c'est celle de la petite Juive&nbsp;», et toujours comme un rituel de toilette funèbre, avec sa grand-mère,
    tous les ans il nettoyait la poupée.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Ses gestes, devenus rituels et les interdits de sa grand’mère perdurèrent au point de devenir pour lui totalement
    insupportables. Et les années passèrent, l'horloge du temps marquant irrémédiablement les jours qui succèdent aux jours.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Cinq ans environ avant mon arrivée, cette merveilleuse femme qui faisait ainsi revivre ma petite sœur à travers la
    poupée qu'elle aimait, fait un signe d'adieu à la vie. Et le premier soin de son petit-fils, qui durant des années avait sous les yeux ce jouet qu’il ne pouvait pas toucher autre que dans des
    rituels de nettoyage, n’eut rien de plus urgent que de jeter cette poupée qui symbolisait pour lui tous les interdits de son enfance.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Quelques années plus tard, me voilà invité à Clermont-Ferrand pour parler justement de ma petite soeur, de mes parents
    et de ma survie&nbsp;à Auschwitz&nbsp;! Et un monsieur d'une soixantaine d'années, avec ses bons yeux pleins de larmes, se précipite vers moi et me dit en me serrant contre lui&nbsp;: «
    Pardonne-moi Sam, il y a quelques années<span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span> j’ai jeté la poupée de ta petite soeur&nbsp;!!&nbsp;». Et tout en m'expliquant ce que je viens de vous
    raconter il pleurait en s'excusant&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;Comprend-moi Sam, j'ai tellement entendu ma grand-mère me dire, en m'interdisant de toucher à cette poupée, que c’était celle de la petite
    Juive, que je n’avais qu’une hâte, m'en débarrasser au plus vite&nbsp;! ».</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Si la télévision clermontoise conserve ses documents filmés, elle a, dans quelque tiroir, le visage en larmes de
    Jean-Pierre contant au journaliste l’histoire de «&nbsp;la poupée de la petite Juive&nbsp;».</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="mso-spacerun: yes;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 08 Mar 2009 18:13:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.sambraun.com/article-28789625.html</guid>
                <category>sambraun</category>        <comments>http://www.sambraun.com/article-28789625-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Dieudonne et son soi-disant « humour »]]></title>
        <link>http://www.sambraun.com/article-26236313.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">En ces jours de Noël symbole de Paix et d’altruisme, où l’Amour devrait être plus fort que la haine, un homme qui se
    croit humoriste, a pastiché dans une infâme parodie, la mort violente de six millions de victimes&nbsp;! Six millions de personnes, femmes, enfants et vieillards, qui avaient commis le simple
    péché de vivre, le simple pêéché d'exister&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Oui Monsieur <strong>Dieudonné</strong>, nouveau leader de l’extrême droite puisque vous n’avez pas réussi à faire autre
    chose de votre vie, six millions de Juifs assassinés par vos amis nazis, dans ce qui est pour vous un "détail" de l'histoire, dont ma mère, mon père, ma petite sœur et tous ceux que j’ai vu
    mourir à Auschwitz, du fond des chambres à gaz et des fours crématoires vous regardent atterrés.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">La haine du Juif que vous avez viscéralement accrochée au plus profond de vous-même, à défaut de l’être sur un cœur qui
    ne semble plus battre dans votre poitrine, cette haine que vous déversez sous le prétexte que vous respectez la liberté d’opinion, cette haine vous obscurcit la vue et la raison.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Si Hitler avait gagné la guerre, ce que, peut-être dans votre délire, vous auriez souhaité, que croyez-vous qu’il aurait
    fait de tous ceux qui, vous ressemblant physiquement, sont assez loin des aryens, aux cheveux blonds et aux yeux bleus&nbsp;? Les aryens devaient, selon lui, diriger le monde&nbsp;! Quant à vous,
    vous auriez rejoint, à Auschwitz ou ailleurs,&nbsp; comme ceux dont vous niez le martyr, les mêmes chambres à gaz qui les ont fait mourir.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">S’il vous reste encore un peu de jugement, si vous oubliez vos provocations qui seules permettent que l’on parle un peu
    de vous, réfléchissez à ce que disait Franz Fanon à ses élèves africains&nbsp;: «&nbsp;Lorsqu’on dit du mal des Juifs, dressez l’oreille, mes enfants, on parle de vous&nbsp;».</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 29 Dec 2008 18:30:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.sambraun.com/article-26236313.html</guid>
                <category>sambraun</category>        <comments>http://www.sambraun.com/article-26236313-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Discours prononcé à la Mairie du 16ème de Paris le 25 avril 2008 pour la commémoration de la déportation]]></title>
        <link>http://www.sambraun.com/article-19284956.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs,</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">- Alors que les rangs des anciens déportés sont de plus en plus clairsemés,</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">- Alors que de-ci, de-là se font entendre les voix des négationnistes et autres truqueurs de l’histoire, maquilleurs de
    la réalité,</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">- Alors que nous sommes de plus en plus confrontés à la violence élémentaire, à la violence pour la violence et sans
    aucune autre finalité,</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">se pose la question de savoir si nous, anciens déportés, nous n’avons pas failli à notre devoir, ce devoir dont nous
    étions investis après les épreuves que nous avions subies.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Un jour, peut-être, nos enfants nous demanderont des comptes et, par delà même nos tombeaux, nous poseront la question
    essentielle : «&nbsp;Vous avez vécu cela, vous avez souffert l’enfer, chaque minute, dans cet indicible univers concentrationnaire, vous avez côtoyé la mort au point même de la tutoyer, vous avez
    vu des centaines, voire des milliers de gens, souffrir et mourir, non pour ce qu’ils avaient fait, mais pour ce qu’ils étaient, mourir parce qu’ils avaient commis le simple péché de vivre, le
    simple péché d’exister. Vous aviez dit «&nbsp;plus jamais cela&nbsp;», alors qu’avez-vous fait pour ouvrir les yeux toujours désespérément clos des hommes&nbsp;? Qu’avez-vous fait pour améliorer
    l’humanité et pour que l’amour entre les êtres soit un petit peu plus grand&nbsp;? Qu’avez-vous fait pour le respect que chacun doit porter à l’autre quelque soit sa religion, sa culture ou le
    lieu de son origine&nbsp;? Qu’avez-vous fait pour que nous puissions vivre, vivre enfin libres ?&nbsp;» Voilà, Mesdames et Messieurs, la question teintée de reproches qu’ils nous poseront, même
    lorsque nous ne serons plus là si nous n’avons pas œuvré de toutes nos forces pour apprendre aux hommes le «&nbsp;vivre ensemble&nbsp;», ce simple «&nbsp;vivre ensemble&nbsp;» dont la notion même
    est étrangère à certains&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Ayant souffert de racisme ou d’antisémitisme, c’est l’acceptation de la différence de l’autre qu’il nous fallait
    transmettre.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Ayant vu la violence se déchaîner contre nous, nous aurions du être les apôtres du pacifisme, non pas d’un pacifisme
    aveugle, mais d’un pacifisme clairvoyant qui regarde en face pour mieux les décimer, tous les dangers qui apparaissent à l’horizon de l’histoire,</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Ayant été des sous-hommes, des üntermunschen, dans le regard de nos bourreaux il nous fallait apprendre aux hommes le
    respect que l’on doit à chacun, serait-il notre pire ennemi,</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Ayant souffert d’enfermement c’est sans cesse, de la liberté que nous aurions du parler pour qu’elle devienne
    incontournable,</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Ayant été méprisés et haïs par nos tortionnaires il fallait chasser cette haine, insidieuse et perverse qui peut se
    glisser en nous comme le fiel le plus amer. Ne pas être habité par la haine c’est rester tout simplement des hommes, c’est ne pas abandonner notre place dans la communauté humaine, c’est n’avoir
    aucun sentiment de vengeance, même envers nos bourreaux, mais c’est aussi réclamer une sentence sans faiblesse pour ceux qui ont commis le mal.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">La vie concentrationnaire nous a appris aussi ce qu’aurait du être la solidarité que chaque individu devrait avoir à
    l’égard de l’autre. Franz Fanon, professeur en Afrique noire, disait à ses élèves africains&nbsp;: «&nbsp;Quand on dit du mal des Juifs, dressez l’oreille, mes enfants, on parle de
    vous&nbsp;».</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Cette solidarité humaine, indispensable à l’Art de vivre ensemble, ayant tant souffert de son absence, nous devons la
    transmettre aux autres, avec cette notion fondatrice «&nbsp;qu’on est toujours responsable de ce qu’on n’a pas empêché&nbsp;».</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Nous avons aussi appris dans tous les camps d‘extermination, ce que vous me permettrez de nommer une vertu. Nous avons
    appris l’espérance et l’amour de la vie<b>,</b> l’espérance qui nous a permis de survivre au cauchemar, l’espérance d’être vivant, encore, une heure de plus, l’espérance de voir le lendemain le
    soleil se lever, l’espérance de vivre le jour où les armées alliées, apportant avec elles notre libération, arriveront à vaincre la barbarie nazie.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Les nazis voulaient diriger le monde, ils croyaient nous supprimer en nous prenant la vie, ils pensaient éliminer
    définitivement tous ceux qui ne répondaient pas à leurs critères et bien, malgré les millions de crimes dont ils sont responsables, avec nous, ils ont échoué.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Ils avaient pour notre vie le plus profond mépris et la certitude qu’ils pourraient toujours en disposer selon leur
    désir, et bien, ils ont perdu comme perdent irrémédiablement, toujours, tous les bourreaux.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Avec notre espérance et notre amour de la vie, notre enthousiasme, notre émotion devant les rires ou les pleurs des
    enfants, notre refus de la souffrance de l’autre, notre engagement contre les injustices faites aux êtres humains, notre combat contre toutes les formes de violence et d’intolérance, nous, les
    anciens déportés des bagnes nazis, par notre présence même, nous devons utiliser pour le bien de l’humanité, tout ce que nous avons appris sur les hommes, et surtout montrer que la vie est le
    plus beau des cadeaux, qu’elle est, sera et restera toujours plus forte que la mort.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Je vous remercie</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: right;" align="right">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Paris le 25 avril 2008</span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 04 May 2008 17:37:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.sambraun.com/article-19284956.html</guid>
                <category>sambraun</category>        <comments>http://www.sambraun.com/article-19284956-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Enseigner la Shoah.]]></title>
        <link>http://www.sambraun.com/article-17937476.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoBodyText2" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><strong><em><span style="font-family: Times;">Enseigner la Shoah ou comment transformer une mauvaise idée en bonne pratique…</span></em></strong></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: small; font-family: Times;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
    <span style="mso-tab-count: 1;"><span style="font-size: small; font-family: Times;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
    <span style="font-size: small;"><span style="font-family: Times;"><span style="mso-tab-count: 1;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> Beaucoup d’arguments
    ont été avancés rapidement pour s’opposer à l’injonction hâtive du président Sarkozy dans son discours au CRIF du 13 février 2008. La volonté que «&nbsp;chaque élève de CM2 se voie confier la
    mémoire d’un enfant victime de la Shoah&nbsp;», présentée comme une décision évidente et urgente, a fait réagir bon nombre de rescapés, d’historiens, d’enseignants et de parents…</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.4pt;">
    <span style="font-size: small; font-family: Times;">Si l’on excepte ses inspirateurs ou quelques courtisans acharnés, plus personne ne considère cette idée comme «&nbsp;bonne&nbsp;». Parce
    qu’elle suggérait une identification individuelle précoce à une destinée tragique, parce qu’elle prétendait charger d’un deuil&nbsp;mortifère la mémoire d’un enfant, parce qu’elle encourageait
    éventuellement d’autres revendications mémorielles, parce qu’elle réduisait l’histoire de la Shoah à une victimisation peu propice à l’étude ou à la compréhension, parce qu’elle confondait devoir
    de mémoire et réflexion, cette mesure incongrue et impérieuse fut largement rejetée.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-indent: 35.45pt;">
    <span style="font-size: small; font-family: Times;">«&nbsp;Il est nécessaire d’enseigner la Shoah aux élèves de CM2&nbsp;» affirme le ministre de l’Education pour défendre
    l’&nbsp;«&nbsp;intuition&nbsp;» présidentielle. Cette pétition de principe est elle aussi fort discutable&nbsp;! Qu’il soit nécessaire d’enseigner la Shoah, tout le monde en conviendra.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt;">
    <span style="font-size: small;"><span style="font-family: Times;"><strong>Mais est-il si nécessaire d’enseigner l’extermination des juifs à des enfants de 10 ans&nbsp;?</strong></span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-indent: 35.45pt;">
    <span style="font-size: small; font-family: Times;">On peut au moins se poser la question. On peut aussi s’interroger sur la nécessité d’enseigner, en CM2, les détails d’une horreur insoutenable
    que les adultes ont parfois du mal à supporter.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: small;"><span style="font-family: Times;"><span style="mso-tab-count: 1;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> L’on mit donc en place
    une commission dirigée par Mme Waysbord-Loing baptisée «&nbsp;Mission pédagogique au sujet de l’enseignement de la Shoah dans le primaire&nbsp;», comme si l’enseignement de la Shoah posait un
    problème urgent en février 2008 dans les écoles primaires&nbsp;! Comme si ce problème concernait exclusivement les enfants de 10 ans&nbsp;! On oublia d’intégrer à cette commission des enseignants
    en fonction, les premiers concernés par ce travail, mais peu importait&nbsp;: tout le monde l’avait compris, il s’agissait de faire oublier la proposition du CRIF et de la remplacer par des
    mesures réfléchies et pesées, cette fois. Quand la décision précède la réflexion, il faut parfois faire machine arrière.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 6pt;">
    <span style="font-size: small;"><span style="font-family: Times;"><span style="mso-tab-count: 1;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> <strong>Et le ministre
    de l’Education affirma que «&nbsp;la bonne idée du président devait se transformer en<span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span> bonne pratique&nbsp;»…</strong></span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
    <span style="font-size: small;"><span style="font-family: Times;"><span style="mso-tab-count: 1;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> L’idée de confier la
    mémoire d’un enfant juif exterminé à un enfant de 10 ans ou même à une classe, comme il fut dit après, nous semble une très mauvaise initiative. Bien sûr, après le tumulte médiatique viennent
    rapidement le silence et l’oubli. Mais, une fois les projecteurs journalistiques éteints, le sujet et les problèmes demeurent. C’est pour cette raison que nous intervenons
    aujourd’hui.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-indent: 35.45pt;">
    <span style="font-size: small; font-family: Times;">L’idée de contribuer à la réflexion pédagogique sur la Shoah, enseignement qui a fait l’objet d’un travail très important ces dernières années
    et qui mobilise l’énergie de nombreux professeurs, est intéressante. L’initiative dans ce domaine doit éviter l’improvisation et les polémiques que suscite toute décision contestable et brutale.
    Elle ne doit pas se limiter au cadre du primaire, comme le laisserait penser la création de la commission Waysbord-Loing.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 6pt; text-indent: 35.45pt;">
    <strong><span style="font-size: small;"><span style="font-family: Times;">Les mesures annoncées doivent être applicables et concrètes d’une part, elles doivent concerner tous les niveaux de
    l’enseignement d’autre part. Pour ces raisons nous proposons<span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span> dix mesures précises qui peuvent, selon nous, favoriser l’enseignement de la Shoah et
    contribuer à un débat que nous souhaitons large, car l’enjeu est essentiel&nbsp;:</span></span></strong>
  </p>
  <p>
    <span style=
    "font-family: Times; font-size: 12pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-fareast-font-family: Times; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;">
    <br style="page-break-before: always; mso-special-character: line-break;"></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.4pt;">
    <span style="font-size: small; font-family: Times;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.4pt;">
    <span style="font-size: small; font-family: Times;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style=
    "font-family: Times;">&nbsp;</span></span></em></strong>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-indent: -18pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: Times;"><span style="mso-list: Ignore;"><span style=
    "font-family: Times;">1)</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span></span></strong> <span dir="ltr"><strong style=
    "mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style="font-family: Times;">LES JUSTES EN CM2</span></span></strong></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt;">
    <span style="font-family: Times;"><strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;">L’idée de
    confier la mémoire d’un enfant victime de la Shoah à un enfant de 10 ans ou à une classe de CM2 nous semblant mortifère et inadaptée à cet âge, nous proposons d’inverser l’approche. Nous
    proposons d’étudier les parcours des enfants cachés, des survivants et des Justes. Ce qui permettrait d’évoquer plus discrètement l’extermination tout en sensibilisant les enfants aux principes
    qui ont guidé les sauveurs. Une recherche collective pourrait être suggérée, en fonction de la région de l’établissement, sur le profil d’un Juste ou le village de Chambon-sur-Lignon et son
    organisation.</span></em></strong></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt 18pt;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style="font-family: Times;">&nbsp;</span></span></strong>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-indent: -18pt; text-align: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: Times;"><span style=
    "mso-list: Ignore;"><span style="font-family: Times;">2)</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span></span></em></strong> <span dir=
    "ltr"><strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style="font-family: Times;">LES CRIMES CONTRE
    L’HUMANITE</span></span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-align: justify;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style="font-family: Times;">Les programmes
    de CM2 suggèrent actuellement l’étude de la Shoah en ces termes&nbsp;: «&nbsp;L’extermination des juifs par les nazis&nbsp;: un crime contre l’humanité&nbsp;». Bien que cette ultime notion nous
    paraisse elle aussi inadaptée pour un public d’enfants de CM2, bien que le fait de lier la notion de «&nbsp;crime contre l’humanité&nbsp;» à la seule Shoah soit discutable et potentiellement
    porteur de conflits ou de revendications «&nbsp;mémorielles&nbsp;», nous pensons que l’intention initiale était généreuse. Si la notion de «&nbsp;crime contre l’humanité&nbsp;» devait être
    conservée en CM2, il faudrait sans doute en profiter pour évoquer d’autres «&nbsp;crimes contre l’humanité&nbsp;» et parler par exemple de l’esclavage des Noirs.</span></span></em></strong>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style=
    "font-family: Times;">&nbsp;</span></span></em></strong>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-indent: -18pt; text-align: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: Times;"><span style=
    "mso-list: Ignore;"><span style="font-family: Times;">3)</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span></span></em></strong> <span dir=
    "ltr"><strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style="font-family: Times;">LA SHOAH ET L’IUFM</span></span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-align: justify;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style="font-family: Times;">Il faut
    insister sur la formation des enseignants qui ne sont pas tous des historiens et des spécialistes de cette période. L’évolution des recherches historiques dans ce domaine est très rapide et les
    publications sont, chaque année, très riches et très diverses. Un effort particulier doit être fait par l’Education Nationale pour cette question délicate. Nous demandons qu’un séminaire soit
    organisé, chaque année, à partir de 2008, dans tous les IUFM, sur la Shoah et son enseignement. D’autre part, un dossier devrait être fourni à chaque enseignant comportant des textes utilisables
    en classe et des pistes pédagogiques solides. Pour le niveau CM2 par exemple, des textes sur les Justes seraient présentés, sur le parcours d’un enfant caché et un exposé historique précis sur le
    sujet serait fourni aux enseignants.</span></span></em></strong>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style=
    "font-family: Times;">&nbsp;</span></span></em></strong>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-indent: -18pt; text-align: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: Times;"><span style=
    "mso-list: Ignore;"><span style="font-family: Times;">4)</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span></span></em></strong> <span dir=
    "ltr"><strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style="font-family: Times;">COMMEMORATIONS</span></span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-align: justify;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style="font-family: Times;">Les journées
    consacrées aux commémorations devraient, selon nous, faire l’objet d’une attention particulière. Nous pensons en particulier au 27 janvier (commémoration de la libération d’Auschwitz), au dernier
    dimanche d’avril (journée du souvenir de la déportation) mais aussi au 10 mai (commémoration de l’esclavage). Curieusement cette année, en 2008, aucun discours officiel au plus haut degré de
    l’Etat n’a évoqué la libération d’Auschwitz le 27 janvier. Nous le regrettons. Car le devoir de mémoire concerne la mémoire collective officielle et les enfants de 10 ans ne sont pas là pour
    compenser les oublis politiques ou prendre en charge la mémoire collective… Chaque date retenue ferait l’objet d’une explication en classe et l’Education Nationale pourrait préparer là aussi un
    dossier (disponible sur Internet par exemple) pour chacun de ces évènements.</span></span></em></strong>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 18pt; text-align: justify;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style=
    "font-family: Times;">&nbsp;</span></span></em></strong>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-indent: -18pt; text-align: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: Times;"><span style=
    "mso-list: Ignore;"><span style="font-family: Times;">5)</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span></span></em></strong> <span dir=
    "ltr"><strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style="font-family: Times;">EDUCATION CIVIQUE ET CRIME CONTRE
    L’HUMANITE</span></span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-align: justify;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style="font-family: Times;">La pédagogie de
    la Shoah ne concerne ni exclusivement, ni prioritairement les élèves de CM2.. C’est en effet en collège, au niveau de la 3°, que la Seconde Guerre Mondiale est abordée pour la première fois dans
    le cadre d’un cours d’histoire. Nous proposons que la notion de «&nbsp;crime contre l’humanité&nbsp;» soit introduite dans les programmes d’Éducation Civique de 3° et qu’elle fasse l’objet d’une
    étude précise. À cette occasion la notion de génocide pourrait être expliquée et, sans exclure l’évocation d’autres génocides et d’autres «&nbsp;crimes contre l’humanité&nbsp;», les enseignants
    pourraient mettre en évidence le caractère «&nbsp;unique&nbsp;» de la Shoah.</span></span></em></strong>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style=
    "font-family: Times;">&nbsp;</span></span></em></strong>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-indent: -18pt; text-align: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: Times;"><span style=
    "mso-list: Ignore;"><span style="font-family: Times;">6)</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span></span></em></strong> <span dir=
    "ltr"><strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style="font-family: Times;">LA MEMOIRE DES ENFANTS
    DISPARUS</span></span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-align: justify;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style="font-family: Times;">Préparé en
    amont par le travail historique, prolongé en aval par une réflexion sur le «&nbsp;crime contre l’humanité&nbsp;», le travail sur les victimes (envisagé actuellement en CM2) pourrait alors être
    dégagé d’une approche purement émotionnelle. Il serait envisageable, dans ce cadre, de proposer un travail de recherche et la constitution d’un dossier sur une victime de la Shoah. Là aussi, les
    enseignants d’histoire en particulier pourraient proposer cette recherche dans le cadre du cours d’Education Civique. La démarche semble plus adaptée à un adolescent ayant reçu des informations
    et des connaissances historiques précises sur la Shoah qu’à un enfant de CM2 dont on solliciterait l’identification et la sensibilité.</span></span></em></strong>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style=
    "font-family: Times;">&nbsp;</span></span></em></strong>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-indent: -18pt; text-align: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: Times;"><span style=
    "mso-list: Ignore;"><span style="font-family: Times;">7)</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span></span></em></strong> <span dir=
    "ltr"><strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style="font-family: Times;">TEMOIGNAGES SUR LA
    SHOAH</span></span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-align: justify;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style="font-family: Times;">L’approche de
    la Shoah n’étant pas exclusivement réservée au cours d’histoire, nous suggérons que deux textes de témoignage concernant les camps soient intégrés dans le cadre du cours de français. Le programme
    de français en 3° impose l’étude du genre autobiographique. L’étude de ces témoignages pourrait s’intégrer à ce programme et proposer une approche complémentaire, le témoignage pouvant être
    considéré comme une variété du récit autobiographique. Là encore, une formation dispensée à l’IUFM, concernant le genre du témoignage et les exemples disponibles actuellement, serait la
    bienvenue.</span></span></em></strong>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style=
    "font-family: Times;">&nbsp;</span></span></em></strong>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-indent: -18pt; text-align: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: Times;"><span style=
    "mso-list: Ignore;"><span style="font-family: Times;">8)</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span></span></em></strong> <span dir=
    "ltr"><strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style="font-family: Times;">CONCOURS</span></span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-align: justify;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style="font-family: Times;">Chaque année un
    concours est organisé pour les établissements de secondaire&nbsp;: «&nbsp;Le concours national de la résistance et de la déportation&nbsp;». Il donne l’occasion à des élèves de travailler sur un
    aspect précis de la question. Nous souhaiterions que la publicité accordée à ce concours soit plus large et que les lauréats soient gratifiés de récompenses motivantes. De plus, un soutien
    financier pour un apport bibliographique et filmographique conséquent devrait être fourni à tous les établissements qui présentent des élèves et les préparent à ce
    concours.</span></span></em></strong>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style=
    "font-family: Times;">&nbsp;</span></span></em></strong>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-indent: -18pt; text-align: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: Times;"><span style=
    "mso-list: Ignore;"><span style="font-family: Times;">9)</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span></span></em></strong> <span dir=
    "ltr"><strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style="font-family: Times;">LA SHOAH AU PROGRAMME DU BAC EN
    HISTOIRE</span></span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-align: justify;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style="font-family: Times;">L’enseignement
    au lycée est évidemment concerné par l’étude de la Shoah. Celle-ci est désormais réservée au cours d’histoire de 1<sup>ère</sup>. La période est souvent étudiée en fin d’année, moment moins
    favorable à une étude très approfondie pour diverses raisons. Si la Seconde Guerre Mondiale était réintégrée en classe de Terminale, l’étude de cette période serait plus motivante et pourrait
    être complétée par une approche différente&nbsp;et complémentaire en cours de philosophie.</span></span></em></strong>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style=
    "font-family: Times;">&nbsp;</span></span></em></strong>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-indent: -18pt; text-align: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: Times;"><span style=
    "mso-list: Ignore;"><span style="font-family: Times;">10)</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">&nbsp;</span></span></span></em></strong> <span style=
    "font-family: Times;"><span dir="ltr"><strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style=
    "font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span></span></em></strong></span><strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style=
    "font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;">LES PROCESSUS GENOCIDAIRES ET LA PHILOSOPHIE</span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-align: justify;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style="font-family: Times;">Les concepts
    actuels du programme de philosophie permettent aux professeurs d’évoquer la Shoah quand ils parlent de la mémoire ou du mal. Une étude plus précise sur «&nbsp; les processus génocidaires&nbsp;»
    serait sans doute intéressante en classe de philosophie. Dans cette hypothèse, on pourrait imaginer l&nbsp;‘étude de concepts philosophiques et politiques parmi<span style=
    "mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span> lesquels les notions de génocide, de crime contre l’humanité, de «&nbsp;banalité&nbsp;du mal&nbsp;», de racisme, d’antisémitisme trouveraient toute leur place
    et complèteraient utilement le cours d’histoire. Cette approche permettrait d’éviter la «&nbsp;concurrence&nbsp;» victimaire ou la concurrence des mémoires en proposant divers exemples et en
    dégageant la spécificité de chacun.</span></span></em></strong>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 11pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"><span style=
    "font-family: Times;">&nbsp;</span></span></em></strong>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: small; font-family: Times;">&nbsp;</span></strong>
  </p>
  <p class="MsoBodyText2" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
    <strong><em><span style="font-size: small;"><span style="font-family: Times;">Sam Braun, rescapé d’Auschwitz,<span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span> auteur de «&nbsp;Personne ne m’aurait
    cru, alors je me suis tu&nbsp;» (Albin Michel, 2008) et Stéphane Guinoiseau, professeur agrégé de Lettres Modernes.</span></span></em></strong>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 21 Mar 2008 10:30:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.sambraun.com/article-17937476.html</guid>
                <category>sambraun</category>        <comments>http://www.sambraun.com/article-17937476-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA["Personne ne m'aurait cru, alors je me suis tu" (Albin Michel)]]></title>
        <link>http://www.sambraun.com/article-16268217.html</link>        <description><![CDATA[<div style="margin: 0cm 0cm 3pt">
    <span style="font-size: 14pt">&nbsp;</span>
  </div>
  <div>
    <span style="font-size: 14pt;"><span><strong>«&nbsp;Personne ne m’aurait cru, alors je me suis tu&nbsp;»</strong> (Albin Michel) tel est le titre du livre que je viens d’écrire avec mon ami
    <strong>Stéphane Guinoiseau</strong>.</span>&nbsp;<br></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 3pt">
    <span style="font-size: 14pt">Longtemps je me suis demandé si je devais coucher sur le papier l’expérience acquise au camp de Buna-Monowitz (Auschwitz III) lorsque j’avais seize ans. Longtemps
    même le mauvais démon que j’avais en moi, comme tout être humain a le sien, me disait que, somme toute, je n’avais pas grand-chose à dire et en tout cas pas suffisamment pour avoir la prétention
    d’écrire un livre. Et ce mauvais démon a gagné durant de longues décennies.</span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 3pt">
    <span style="font-size: 14pt">Longtemps aussi je me suis demandé si ce que m’avait appris la vie depuis mon retour des camps, c’est à dire depuis que je suis revenu dans une vie civilisée, ou
    plutôt moins barbare, méritait d’être transmis. Bien souvent m’effleurait la pensée qu’il ne fallait pas étaler au grand jour les réflexions que m’avait inspirées, depuis plus de quatre-vingts
    ans, la confrontation sociale avec les êtres humains. Tout cela ne m’apparaissait pas comme nécessaire à écrire et surtout ne m’apparaissait pas comme suffisant pour alimenter le contenu d’un
    livre. J’avais, d’une certaine manière, peur du mot écrit dont la nature même l’expose à une pérennité que n’a pas le verbe lorsqu’il est prononcé.</span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 3pt">
    <span style="font-size: 14pt">Je continuais pourtant à apporter avec passion mon témoignage auprès des adolescents. Je pouvais, sans trop de difficulté, utiliser l’oralité pour communiquer aux
    jeunes ma foi en la vie. Mais coucher mon message par écrit sur une feuille blanche qui, d’anonyme qu’elle était, devient indiscrète puisqu’elle s’insinue dans les pensées les plus intimes de
    celui qui l’écrit, me semblait hors de mes possibilités et surtout hors de mes forces.</span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 3pt">
    <span style="font-size: 14pt">C’est alors qu’est arrivé Stéphane Guinoiseau, professeur de lettres modernes, rencontré dans un collège où j’intervenais auprès d’enfants de troisième. Il a su,
    avec délicatesse, éveiller en moi une partie de ma vie que je voulais taire tout en respectant certains de mes silences. Grâce à lui, notre livre a pu voir le jour, ensemble de dialogues entre le
    professeur et moi. Nous y évoquons bien sûr, et comment ne pas le faire, la quotidienneté concentrationnaire, mais nous abordons surtout les grandes questions existentielles que se pose tout être
    humain. Avec lui, tout professeur qu’il soit, je me retrouvais dans les classes de Terminale où j’avais l’impression d’évoquer, devant des grands adolescents, les questions philosophiques
    essentielles, éternelles clés du «&nbsp;vivre ensemble&nbsp;». Et c’est sans aucune fausse pudeur que, stimulé par sa grande culture, j’ai pu, avec lui, faire de ce livre un réel
    <strong>«&nbsp;travail de mémoire</strong>&nbsp;<strong>»</strong> puisque celui-ci, se nourrissant du passé, c'est-à-dire du <strong>«&nbsp;devoir de mémoire&nbsp;»</strong>, se projette dans
    l’avenir.</span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 3pt">
    <span style="font-size: 14pt">Mon état de santé ne me permettant plus de me rendre, dans les établissements scolaires, au devant des adolescents, comme je le faisais dans le passé, j’espère que
    la lecture de ce livre leur montrera aussi qu’il ne faut jamais perdre espoir et que, même dans les situations les plus désespérées, il faut être habité par l’espérance et par une foi
    indestructible en la vie qui restera toujours le plus beau des cadeaux.</span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 3pt">
    &nbsp;
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 03 Feb 2008 15:18:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.sambraun.com/article-16268217.html</guid>
                <category>sambraun</category>        <comments>http://www.sambraun.com/article-16268217-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Ne banalisons pas le Mal]]></title>
        <link>http://www.sambraun.com/article-5922043.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><em><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-spacerun: yes">&nbsp;</span>&laquo;&nbsp;Vous, apprenez &agrave; voir, au lieu de regarder seulement.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><em><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Agissez, au lieu de bavarder.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><em><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Voil&agrave; ce qui jadis a failli dominer le monde.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><em><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Les peuples ont fini par en avoir raison,
<p>&nbsp;</p>
</font></span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><em><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Mais il ne faut pas chanter victoire hors saison.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify"><em><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Le ventre est encore f&eacute;cond d&rsquo;o&ugrave; a surgi la b&ecirc;te immonde&nbsp;&raquo;
<p>&nbsp;</p>
</font></span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Ces six vers &eacute;crits par <strong>Brecht</strong> &agrave; la fin de sa pi&egrave;ce de th&eacute;&acirc;tre, <em>&laquo;&nbsp;La r&eacute;sistible ascension d&rsquo;Arturo Ui&nbsp;&raquo;</em> donnent raison au po&egrave;te, puisque la terre, au cours du dernier mill&eacute;naire, n&rsquo;a pas connu une seule ann&eacute;e de paix&nbsp;!! Elle a &eacute;t&eacute; d&eacute;chir&eacute;e par plusieurs milliers de conflits de toutes natures : allant des invasions et conqu&ecirc;tes, aux guerres de lib&eacute;ration, aux r&eacute;voltes et aux r&eacute;volutions. Et la liste de toutes ces violences, malheureusement loin d&rsquo;&ecirc;tre close, s&rsquo;allonge tous les jours puisqu&rsquo;il faut y ajouter aussi les actes de barbarie inqualifiables que g&eacute;n&egrave;rent le racisme et l&rsquo;antis&eacute;mitisme ainsi que les agressions quotidiennes dont sont victimes les membres de certaines communaut&eacute;s Violences aveugles au cours desquelles, vieillards, hommes, femmes et enfants, sont massacr&eacute;s.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Des massacres d&rsquo;enfants&nbsp;!! Y a t il crime plus grand que le meurtre des enfants, ces petits d&rsquo;homme dont le sourire est la seule arme ?
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">De quelle maladie souffrent les hommes pour qu&rsquo;ils soient toujours aussi violents, aussi insensibles &agrave; la douleur de l&rsquo;Autre, au point qu&rsquo;il me semble &ecirc;tre d&rsquo;un autre temps lorsque je d&eacute;nonce l&rsquo;<strong>indiff&eacute;rence</strong> ? Cette indiff&eacute;rence qui, pour plagier Ernest Renan, <em>&laquo;&nbsp;me donne la notion de l&rsquo;infini&nbsp;&raquo;</em>. Elle me fait mesurer l&rsquo;immense travail que doivent encore faire tous ceux qui se r&eacute;clament de l&rsquo;humanisme et ceux qui, ayant souffert de la barbarie, ont comme mission de t&eacute;moigner. T&eacute;moigner sans cesse, non pour rester &eacute;ternellement dans le pass&eacute;, mais pour transformer la m&eacute;moire en un projet d&rsquo;avenir afin que nos enfants, vivent demain des jours plus heureux qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui&nbsp;!
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-layout-grid-align: none"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Similaires bien que diff&eacute;rentes, les voix des rescap&eacute;s font &eacute;cho aux voix des disparus, les <em>&laquo;&nbsp;t&eacute;moins int&eacute;graux&nbsp;&raquo;,</em> comme disait <strong>Primo L&eacute;vi</strong>, les <em>&laquo;&nbsp;vrais t&eacute;moins&nbsp;&raquo;, </em>morts dans les plus horribles conditions. Les voix des rescap&eacute;s sont les &laquo;<em>&nbsp;t&eacute;moins des t&eacute;moins&nbsp;&raquo; </em>disait-il encore, et <em>&laquo;&nbsp;&eacute;noncent un discours fait pour le compte des tiers. Elles cherchent &agrave; traduire pour les vivants le langage des extermin&eacute;s laiss&eacute;s l&agrave;-bas, et celui des survivants qu&rsquo;ils sont devenus, avec, en eux, ce quelque chose de mort, qui parle en permanence&nbsp;&raquo;.
<p>&nbsp;</p>
</em></font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-layout-grid-align: none"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Ne banalisons pas les morts injustes qui, tous les soirs, dans le journal t&eacute;l&eacute;vis&eacute; de 20h, nous montrent que partout dans le monde, se d&eacute;cha&icirc;nent la violence et la haine aveugle. .
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Ecoutons les plaintes des millions de morts de la traite des noirs, des centaines de milliers d&rsquo;Arm&eacute;niens massacr&eacute;s au d&eacute;but du si&egrave;cle dernier.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Ecoutons les g&eacute;missements des six millions de victimes de la Shoah laiss&eacute;s sans linceul, l&agrave;-bas, en Europe de l&rsquo;Est et dans les fours cr&eacute;matoires des camps de la mort dont Auschwitz est et restera le symbole.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Ecoutons ces huit cent mille Tziganes, nos fr&egrave;res en humanit&eacute;, assassin&eacute;s sur l&rsquo;autel de leur libert&eacute;.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Ecoutons tous les Cambodgiens martyris&eacute;s sous le r&eacute;gime de Pol Pot et le million de Rwandais massacr&eacute;s &agrave; coups de machette en moins de trois mois.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">R&eacute;veillons l&rsquo;indiff&eacute;rence des hommes et des nations devant le drame du Darfour, pr&eacute;lude &agrave; un nouveau g&eacute;nocide.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Ecoutons toutes ces morts violentes qui ne trouveront leur &eacute;ternel repos que lorsque les t&eacute;moins des assassinats apporteront leur pierre &agrave; l&rsquo;&eacute;difice de la M&eacute;moire.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">La haine, m&egrave;re de la violence, peut conduire certains hommes &agrave; commettre des actes d&rsquo;une barbarie inqualifiable, alors que les autres, l&rsquo;immense majorit&eacute; des autres, dans le m&ecirc;me temps, restent indiff&eacute;rents.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Indiff&eacute;rence cruelle qui fait saigner les plaies et se rouvrir les cicatrices.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Sachons d&eacute;celer derri&egrave;re certains sourires r&eacute;sign&eacute;s, la douleur, la d&eacute;tresse, la dignit&eacute; bafou&eacute;e.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Ecoutons ensemble les cris &eacute;touff&eacute;s des d&eacute;sh&eacute;rit&eacute;s de la vie, leurs plaintes, leur souffrance.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Ecoutons tous ceux qui ont eu la malchance de na&icirc;tre dans certaines r&eacute;gions du monde, &eacute;coutons ceux qui, &agrave; la minute m&ecirc;me o&ugrave; vous lisez ces lignes sont toujours les esclaves de certains hommes. Ecoutons ces petits enfants qui, dans certaines r&eacute;gions du monde, pour simplement subsister et ne pas mourir de faim, mendient leur nourriture, ou la trouvent sur des tas d&rsquo;ordures, sur des tas d&rsquo;immondices.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Je sais que l&rsquo;homme est le premier pr&eacute;dateur de l&rsquo;homme, mais <strong>ne</strong> <strong>banalisons</strong> <strong>pas</strong> le martyr de toutes ses victimes. Ne nous cachons pas derri&egrave;re la fausse certitude que nous n&rsquo;y pouvons rien et que, quoi que nous fassions, nous ne modifierons jamais le cours de l&rsquo;histoire que d&rsquo;aucuns pensent in&eacute;luctable. Etre habit&eacute; par ce pessimisme, serait abandonner la lutte avant m&ecirc;me de
<personname w:st="on" productid="la commencer. Ce">la commencer. Ce</personname>
serait baisser les bras, au lieu de les ouvrir largement pour aider ceux qui souffrent.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><em><span style="FONT-SIZE: 14pt">&laquo;&nbsp;Le danger de la banalisation </span></em><span style="FONT-SIZE: 14pt">&ndash; a &eacute;crit Tzvetan Todorov, Directeur de recherche au CNRS - <em>consiste aussi &agrave; plaquer le pass&eacute; sur le pr&eacute;sent, &agrave; assimiler purement et simplement l&rsquo;un &agrave; l&rsquo;autre, ce qui a pour effet de m&eacute;conna&icirc;tre les deux&nbsp;&raquo;.</em>
<p>&nbsp;</p>
</span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Gardons la capacit&eacute; de nous &eacute;mouvoir afin de pouvoir, en permanence, mener le combat pour la survie de l&rsquo;homme. Car c&rsquo;est bien &agrave; la mort de l&rsquo;humanit&eacute; que pourraient, un jour, nous convier certains hommes, puisque les m&eacute;thodes qu&rsquo;ils utilisent, de plus en plus sophistiqu&eacute;es, sont de plus en plus meurtri&egrave;res.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Refusons aussi de r&eacute;soudre ces crimes &agrave; un simple probl&egrave;me de chiffres comme le font volontiers les leaders des partis politiques extr&eacute;mistes. Je trouve abominable d&rsquo;oser ce genre de bilan&nbsp;!! Une seule mort injuste est d&eacute;j&agrave; inadmissible puisque la vie est le plus merveilleux des cadeaux et que la plus belle vertu de l&rsquo;homme est de respecter celle des autres !
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><em><span style="FONT-SIZE: 14pt">&laquo;&nbsp;Cent morts c&rsquo;est une catastrophe, un million de morts, c&rsquo;est une statistique&nbsp;&raquo;,</span></em><span style="FONT-SIZE: 14pt"> disait le sinistre Eichmann. Refusons de toutes nos forces cette logique mortif&egrave;re car le massacre d&rsquo;un million d&rsquo;&ecirc;tres humains, non pour ce qu&rsquo;ils ont fait, mais pour ce qu&rsquo;ils sont, d&eacute;passe effectivement la raison.
<p>&nbsp;</p>
</span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify; tab-stops: 369.0pt; mso-layout-grid-align: none"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Soyons toujours attentifs, ne rel&acirc;chons pas notre vigilance, ne fl&acirc;nons pas sur le chemin de la lutte puisque le mal, loin d&rsquo;&ecirc;tre endormi, s&eacute;vit partout dans le monde.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-layout-grid-align: none"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Avec V&eacute;ronique Alemany-Dessaint je dirai que lorsque <em>&laquo; les hommes s&rsquo;en prennent &agrave; l&rsquo;Homme pour des raisons de religion ou de soi-disant race, laisser le moindre temps au temps, engage une lourde responsabilit&eacute; face aux vivants et fait preuve de m&eacute;pris pour ceux qui ont combattu contre cette situation indigne de l&rsquo;Humanit&eacute;&nbsp;&raquo;.
<p>&nbsp;</p>
</em></font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-layout-grid-align: none"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">R&eacute;veillons-nous. Mobilisons autour de nous toutes les forces de vigilance et prenant notre b&acirc;ton de p&egrave;lerin agissons, sans ang&eacute;lisme, pour la sauvegarde de la dignit&eacute; des hommes.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-layout-grid-align: none"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">Mais pressons-nous, il nous reste peu de temps.
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-layout-grid-align: none"><span style="FONT-SIZE: 14pt">
<p><font face="Times New Roman">&nbsp;</font></p>
</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-layout-grid-align: none"><span style="FONT-SIZE: 14pt">
<p><font face="Times New Roman">&nbsp;</font></p>
</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-layout-grid-align: none"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">7 mars 2007
<p>&nbsp;</p>
</font></span></p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 07 Mar 2007 15:41:51 +0100</pubDate>        <guid >http://www.sambraun.com/article-5922043.html</guid>
                <category>sambraun</category>        <comments>http://www.sambraun.com/article-5922043-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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